Les accidents en baisse, les morts et les blessés graves en hausse

D’octobre 2010 à  octobre 2011, la route a été à  l’origine de 4 227 décès, 13 075 blessés graves et 94 000 blessés légers alors qu’il y a eu 3 500 accidents en moins. Les campagnes de sensibilisation n’ont apparemment pas servi à  juguler l’hémorragie.

L’entrée en vigueur du nouveau code de la route le 1er octobre 2010, après une longue bataille à la fois juridique et sur le terrain entre les pouvoirs publics et les professionnels du transport a-t-elle servi à quelque chose ? Les effets positifs ne sont pas encore visibles si l’on considère l’évolution du nombre d’accidents de la circulation et leurs conséquences en pertes de vies humaines, de blessés graves et même légers.
Si l’on se penche sur les statistiques collectées par le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) sur une période de 12 mois, allant de novembre 2010 à octobre 2011, on ne peut pas dire que ce code ait vraiment eu de l’effet sur le comportement des conducteurs. Certes, il faut du temps et de la bonne répression pour changer le comportement des conducteurs, mais force est de constater que si le nombre d’accidents durant cette période s’est établi à 67 735, soit une diminution de 2,21% par rapport à la période équivalente allant de novembre 2009 à octobre 2010, le nombre de tués a, lui, atteint 3 975, soit une augmentation de 6,5% entre les deux périodes citées, ce qui demeure inquiétant .
Quant au nombre de blessés graves, il a progressé durant la même période de 8,45%, atteignant ainsi le nombre le 12 230 personnes qui sont venues augmenter le nombre de tués ou d’handicapés à vie. Enfin, le nombre de blessés légers a atteint 88 305, soit une diminution de 2,72%.

Les blessés légers en baisse de près de 5%, maigre consolation

Maintenant, si l’on considère la période  allant d’octobre 2010 à octobre 2011, c’est-à-dire la période de 13 mois vécue par les conducteurs marocains sous le régime du nouveau code de la route, là encore le résultat est plutôt décevant, comme le montrent les chiffres : le nombre d’accidents de la circulation a atteint 72 533, en diminution de 4,16% par rapport à la période allant d’octobre 2009 à octobre 2010, mais entraînant plus de tués, soit 4 227 personnes décédées, en augmentation de 2,2%. Plus de blessés graves également, soit 13 075, en augmentation entre les deux périodes de 5,78%. Quant au nombre de blessés légers, il a baissé de 4,67% tendant toujours vers les 100 000 (94 212 plus exactement).
Ancien code ou nouveau code, le comportement des Marocains n’a pas changé en un an malgré l’intensification du contrôle avec des moyens de plus en plus sophistiqués (radars fixes et mobiles) et l’aggravation des montants amendes. Ni donc la répression, ni les campagnes de sensibilisation, ni même le changement de l’épreuve de passage du permis de conduire, devenue plus sévère, ni encore l’amélioration des contrôles techniques n’ont pu inverser de manière sensible la tendance des accidents de la route et leurs conséquences.
Selon le CNPAC, 65% des accidents de la circulation sont dus à l’élément humain, strictement (vitesse, imprudence, non-respect de la signalisation, etc.). Malheureusement, le CNPAC se contente du terme générique de l’élément humain sans entrer dans les détails. Toujours est-il que selon ces mêmes observations du CNPAC , seulement 2,5% des accidents ont pour origine le mauvais état mécanique des véhicules, et autant le mauvais état de la chaussée. La différence tient aux causes d’accidents où plus de deux éléments entrent en jeu.