L’épierrage de 60 000 ha bute sur des problèmes de financement

Les parcelles éligibles sont déjà identifiées

Il faudra trouver 900 MDH pour mener le projet à bien.

En 2004, Driss Jettou, premier ministre, annonçait une grande opération d’épierrage au profit des petits agriculteurs. En octobre 2005, il est revenu à la charge en confirmant que l’opération reste d’actualité. Mais force est de constater que rien de concret n’est encore entrepris.

Des sources au ministère de l’Agriculture indiquent que le projet bute sur le financement. L’épierrage concerne en effet quelque 60 000 hectares composés de parcelles appartenant à des privés. Or, selon les études réalisées par la direction des aménagements fonciers (DAF) au ministère de l’Agriculture, le coût de l’épierrage est estimé à 15 000 DH/ha. Ce coût comprend 5000 DH pour l’opération mécanique d’extraction des pierres profondes et 10 000 DH au titre des opérations logistiques comme le ramassage des pierres, leur concassage, leur mise hors des parcelles et leur évacuation.
Au final, il faudra au moins 900 MDH pour mener à bien le chantier. Auprès de la DAF, il est expliqué qu’en plus de l’apport de l’Etat, les agriculteurs bénéficiaires seront certainement appelés à contribuer. Ce qui compliquera les choses car une grande partie des exploitants ne dispose pas de moyens financiers suffisants.

Trois critères d’éligibilité pour bénéficier des travaux
La seule satisfaction de l’heure est que les travaux préliminaires ont été effectués. A commencer par l’identification des parcelles éligibles à l’opération. Ainsi, pour bénéficier de l’épierrage dans le cadre de cette opération nationale, les agriculteurs devront répondre à une série de critères. Le premier concerne la nature du relief de leurs parcelles dans la mesure où le niveau de la pente ne devra pas dépasser 8 % pour éviter les effets de l’érosion. Ensuite, la parcelle devra être facilement accessible pour faciliter l’acheminement des engins et les opérations d’évacuation des pierres extraites. Enfin, l’éligibilité dépendra de la nature du climat et du sol. Les experts du département de l’Agriculture préfèrent, à ce titre, donner la priorité aux parcelles sises dans des zones à climat favorable et, surtout, là où existent des ressources potentielles en eau. Un critère que le ministère justifie par le souci de rentabilisation de l’opération dans la mesure où il ne sert à rien d’épierrer une parcelle qu’on ne pourra pas exploiter à cause du manque d’eau.