L’enveloppe de compensation pour 2006 ne suffira même pas pour boucler l’été

La facture pétrolière a atteint 7 milliards de DH à  fin avril

A fin mars 2006, les arriérés de la Caisse de compensation se montaient à  3 milliards de DH.

Traditionnellement, à  cette période de l’année, les cours du pétrole reculent suite à  la baisse de la consommation ; il n’en est rien puisque, mardi 13 juin, le prix du baril s’établissait toujours à  plus 70 dollars environ – 73 dollars, il y a trois jours, soit 10 de plus que le prix cible retenu par le gouvernement dans le cadre de la Loi de finances 2006. Le Maroc, importateur net de produits pétroliers, a déjà  acquitté une facture de 6,9 milliards de DH sur les quatre premiers mois de 2006, soit + 9,6 % par rapport à  la même période de 2005. L’Etat continuant de subventionner ces produits (à  raison de 70 centimes le litre de gasoil, 20 centimes le litre d’essence, 110 DH la tonne de fioul industriel et 35 DH la bouteille de butane de 12 kg), la Caisse de compensation doit toujours aux sociétés pétrolières 3 milliards de DH d’arriérés à  fin mars 2006 – les dossiers des mois d’avril et mai n’étant pas encore parvenus à  la caisse. A cela, il faut ajouter les 600 MDH d’arriérés au titre de l’année 2005.

600 MDH encore dus au titre de l’année 2006
Si rien ne change la donne d’ici peu, les 8 milliards de DH prévus dans la Loi de finances 2006 au chapitre du soutien aux produits pétroliers risquent d’être consommés dès le début de l’été. Certes, grâce au retard que l’Etat met à  payer les distributeurs, la pression sur les finances publiques paraà®t moindre, mais le problème n’est en fait que différé. A coup sûr et à  ce rythme, la caisse traà®nera les arriérés de cette année en 2007, sauf, et encore, si le cours du pétrole venait à  reculer substantiellement, ce sur quoi aucun expert n’est prêt à  parier.

Du coup, l’engagement pris l’automne dernier par le gouvernement de régler les arriérés à  raison d’un milliard de DH par mois ne paraà®t pas pouvoir être tenu.

Face à  cela, quelle solution? Ira-t-on vers une nouvelle augmentation – en douceur comme les précédentes – des prix à  la pompe ? Nul ne le pense, à  l’heure qu’il est ? Remettra-t-on en selle le système d’indexation des prix sur le marché international ? Cela reviendrait au même, c’est-à -dire à  augmenter les prix. Exclu également. Pour l’instant. «Nous ne pouvons pas donner de réponses à  vos interrogations, parce que nous n’en avons pas», s’insurge un responsable ministériel.