L’endettement des ménages monte à  29.7% du PIB en 2012

Malgré le ralentissement du rythme de croissance de l’encours des crédits, le taux d’endettement a encore augmenté d’un point par rapport à  2011. Le tiers des revenus des ménages va au remboursement des crédits. L’accès à  la propriété constitue la première source d’endettement.

Le montant des prêts accordés par les établissements de crédit aux ménages poursuit sa progression. L’encours global des crédits distribués par les banques, les sociétés de financement et les associations de micro-crédit à cette catégorie de clients a atteint 247 milliards de DH en 2012 contre environ 230 millions en 2011, marquant ainsi une progression de 7,4%. Cette hausse est moins forte qu’en 2011 (8,4%) et 2010 (9,2%), prolongeant ainsi la tendance de décélération enclenchée depuis 2007 (la progression atteignait même les 30%), mais rapporté au PIB estimé de 2012, l’endettement des ménages s’établit à 29,7%, soit un point de plus par rapport à 2011 et deux points de plus en se référant à 2010. «Malgré une croissance toujours soutenue de l’encours distribué aux ménages, leur endettement global va de pair avec la création de richesse au niveau de la nation, et reste contenu dans des niveaux ne représentant pas de risque notoire, notamment à travers les dispositifs de surveillance de la banque centrale», explique un analyste de la place.

En règle générale, le niveau d’endettement des ménages reflète la résilience d’un système bancaire et d’une économie mais il n’en constitue pas moins une source de risque potentiel. A son niveau d’aujourd’hui, et en le comparant, par exemple, avec le niveau d’endettement des ménages français qui atteint 70% du PIB, on peut supposer que les Marocains sont prévenants.

Les fonctionnaires et les retraités, premiers utilisateurs du crédit à la consommation

Plus pertinent, le taux d’endettement -qui correspond au rapport entre le montant des traites et les revenus déclarés à la banque- s’établissait autour de 32% en 2011, selon les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib. «En principe, ce taux devrait stagner en 2012 ou prendre 1 à 2 points au vu de la progression des crédits distribués. En effet, alors que ces derniers avaient augmenté de 8,4% en 2011, le taux d’endettement avait progressé de 2 points», explique une source à l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF).

Le recours à l’endettement est un choix apparemment bien réfléchi parce qu’il est inscrit dans une logique de constitution de patrimoine. L’accès à la propriété constitue en effet la principale motivation des emprunteurs. En 2012, le crédit à l’habitat représente 54% du total des crédits aux ménages, la même proportion qu’en 2011. Son encours a enregistré une hausse de 7%, à 135 milliards de DH. Il est important de souligner à ce titre que ce sont les flux des crédits à l’habitat soutenus par l’Etat qui ont contribué le plus, ces dernières années, à la hausse de la production du crédit logement même s’ils ne représentent que 15% environ du total du crédit à l’habitat.

Par rapport aux caractéristiques des prêts, la configuration de 2011 ne devrait pas trop s’écarter de celle de 2011, marquée par une préférence quasi unanime du taux fixe au détriment du variable. Environ 90% des emprunteurs plébiscitent le fixe surtout dans le contexte actuel traversé par les tensions sur les liquidités au niveau du marché interbancaire.

Par ailleurs, avec un encours de 90 milliards de DH, la part du crédit à la consommation dans l’endettement des ménages a pris 1 point pour s’établir dorénavant à 37%. Cependant, l’évolution des crédits distribués cache des tendances contrastées entre banques et sociétés de financement sur ce segment. En effet, après une hausse de 7% en 2011, les crédits à la consommation accordés par les premières ont encore progressé de 9,8%, à 39,6 milliards de DH. A l’opposé, les sociétés de financement ont vu leur encours de crédit régresser de 8,5%, à 29,5 milliards de DH.

S’agissant de la structure de ce type de crédit, les salariés, les fonctionnaires et les retraités représentent plus de 90% de la clientèle. Les personnes percevant un revenu inférieur à 4 000 DH constituent plus de la moitié des emprunteurs sur ce marché. Tandis que la ventilation des dossiers, selon le critère de l’âge, fait apparaître que la classe d’âge de plus de 50 ans est la plus représentée avec une part de 37% du nombre total des dossiers.