L’encours des microcrédits franchit la barre des 5 milliards de DH

L’encours moyen par client a progressé de près de 8% et le secteur recrute. Le portefeuille à  risques (PAR) à  30 jours est cependant passé de 5.68% en 2012 à  6.74% en 2013.

Le secteur de la microfinance au Maroc poursuit sa discrète reprise. Les chiffres communiqués par le Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire (CMS) montrent en effet une nouvelle progression des principaux indicateurs de l’activité. L’encours des microcrédits atteint 5,05 milliards de DH à fin décembre 2013 contre 4,6 milliards de DH à fin 2012, soit une augmentation nette de près de 10%. Pour les analystes du CMS, cela préfigure d’une «tendance haussière ultérieure». Le nombre de clients actifs est également en progression. A fin décembre, ils étaient 821 461 à bénéficier d’un microcrédit, contre 808 112 à fin 2012, soit 1,6% de plus. Néanmoins, entre septembre et décembre 2013, une légère baisse (-0,8%) a été enregistrée. Pas de quoi s’alarmer, surtout que l’encours a, quant à lui, le plus fortement progressé durant le dernier trimestre de l’année. De fait, l’encours moyen par client s’affiche à fin 2013 à
6 147,96 DH contre 5 694,58 DH une année auparavant, soit une amélioration de 8%.

Les opérateurs devraient toutefois rester prudents. Le portefeuille à risque (PAR) à 30 jours a en effet sensiblement augmenté depuis fin 2012. Alors qu’il était à l’époque de 5,68%, il a terminé 2013 à 6,74%. Il faut rappeler qu’après la phase d’assainissement, le PAR à 30 j était tombé de 10,56%, en septembre 2009, à 3,98% en décembre 2011. Quant aux taux de PAR à 90 et 180 jours, ils ont également progressé pour atteindre respectivement 5,83% et 4,75% à fin 2013.

Toutes les associations ont leur système d’information

Malgré tout, la reprise est perceptible. La preuve, le secteur a recruté tout au long de l’année dernière. Ce sont désormais 6 266 personnes, contre 5 738 à fin 2012, qui sont employées dans le microcrédit, dont 5 511 sur le terrain. Al Amana, l’un des leaders du marché, a par exemple ouvert une quarantaine d’agences en 2 ans. «En ce qui nous concerne, nous avons fait notre meilleure année sur le plan du risque. Le coût du risque atteint ainsi 1,8%. Le coefficient d’exploitation a baissé de 2% et le produit net de microcrédit a progressé de 8%. Nos résultats financiers sont également bons», confie Youssef Bencheqroun, DG d’Al Amana. «Le secteur a bien avancé dans son assainissement, qu’il soit financier ou organisationnel», poursuit-il. A propos du second volet, le Réseau de la microfinance solidaire (RMS), qui réunit les associations de microcrédit (AMC) dites «petites» sous la houlette de la Fondation Ardi, a notamment permis à ces associations de finaliser -enfin- l’implémentation d’un système d’information (SI) dédié. Ce qui laisse présager le démarrage effectif de la centrale des risques, qui attendait jusque-là que l’ensemble des AMC soit doté d’un SI. Si une dizaine de projets d’infrastructure, issus des annonces faites lors du premier Symposium international du secteur qui s’était tenu en 2012, a effectivement abouti, il reste que les AMC attendent toujours les décrets d’application de la loi 41-12. Peut-être que le prochain président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM) qui sortira des élections devant se tenir entre avril et mai prochains pourrait inciter le ministère de tutelle à faire preuve de célérité.