« L’emprunt nous a permis de marketer le secteur bancaire et l’économie marocaine à  l’international »

La stabilité politique et économique du pays, la solidité du secteur bancaire et la qualité de la signature BMCE ont séduit les investisseurs. L’emprunt de 300 millions de dollars servira à  financer le développement du groupe à  l’international.

BMCE Bank est le premier émetteur marocain non souverain à accéder aux marchés obligataires internationaux. Comment la banque a-t-elle réussi un tel tour de force ? Quels arguments ont pesé le plus dans les arbitrages des investisseurs internationaux ?

Cette opération est plutôt un «coup d’essai qui s’avère être un coup de maître». Cet emprunt de 300 millions de dollars de rendement 6,5% et de coupon 6,25% est celui d’un primo-émetteur non souverain, d’un «Corporate» qui accède à ces marchés pour la première fois et qui s’avère être le premier dans son pays et dans sa région qui «markete», outre son nom, le secteur bancaire et l’économie marocaine en même temps que ceux de 15 pays africains subsahariens !

Parmi les multiples ingrédients du succès de la transaction auprès des investisseurs :

– Une transaction bien structurée de par la qualité du mémorandum d’information préparé a cet effet grâce à l’exceptionnelle mobilisation de toutes les entités concernées, la qualité et l’exhaustivité des «disclosures» d’information et de données, conformes aux usages de ces marchés internationaux et, pour les aspects «financiers, risques et comptables», conformes aux strictes normes IFRS ;

– Des banques-conseil de qualité, autour de la banque d’affaires du Groupe -BMCE Capital- comme CitiBank, Barclays ou BNP Paribas ;
 

– Un RoadShow bien organisé, dense et intense, un périple autour de 7 villes-étapes par un team de dirigeants de la banque et du groupe, solidaires et unis autour de leur président ;

– Last but not the least, une «story» qui a rencontré des échos favorables auprès d’investisseurs de profils sectoriels et géographiques diversifiés : «l’histoire» d’un pays, havre de paix et de stabilité politique, de résilience économique dans le contexte régional tourmenté que l’on connaît, un secteur bancaire solide et rentable, et en son sein un groupe bancaire universel de par ses métiers, d’enracinement national et d’ambition continentale, solidement institutionnalisé de par la qualité de ses actionnaires.

Quels besoins de la banque ce financement permettra-t-il de couvrir ?

L’EuroBond est destiné à accompagner le développement à l’international du groupe ainsi que les Corporates africains, ses clients, à travers le continent.

Finalement, les conditions d’émission de l’EuroBond BMCE Bank restent comparables à celles qui auraient prévalu sur le marché  marocain. Où réside donc l’intérêt de cette émission internationale ?

A conditions de financement comparables, auriez-vous la même profondeur de marché et une base de souscripteurs de haute qualité aussi élargie et répartie à travers le globe ? En réalité, l’arbitrage n’en est réellement pas un. Pour un groupe bancaire dont une proportion grandissante des revenus procédera de sources en devises, il est logique qu’il puisse s’adresser aussi à des marchés de la dette en devises.
Il s’agit, par le recours à ces marchés étrangers, de promouvoir durablement la signature Corporate BMCE auprès de banques privées, de gestionnaires globaux d’actifs, d’institutions multilatérales et d’en entretenir l’intérêt tout en réglant, sur la maturité de l’emprunt, les intérêts…

Devrait-on voir les banques marocaines prospecter de plus en plus les marchés obligataires internationaux en réponse à la raréfaction des liquidités au niveau domestique ?

Au-delà de considérations conjoncturelles voire structurelles de liquidité, les marchés internationaux de la dette représentent pour des profils de groupes comme les nôtres un prolongement naturel de leurs marchés nationaux, surtout dans un contexte où, à travers l’ambitieux programme de Casa Finance City, le Maroc compte, parmi eux et au service des investisseurs internationaux, établir durablement un pont de compétences, d’expertises et de savoir-faire, confortant davantage la stratégie d’un Maroc «gateway» ou plateforme d’entrée vers le continent.