L’emploi rémunéré progresse d’année en année

Création de 99 000 emplois nets, tous rémunérés. Il y a dix ans, le tiers des emplois créés était non rémunéré. Baisse du taux de chômage à  9.4% de la population active.

La situation du marché du travail paraît s’être améliorée au premier trimestre de 2013, selon la dernière enquête du Haut commissariat au plan (HCP) : création de 99 000 postes de travail, baisse du taux de chômage à 9,4% de la population active, au lieu de 9,9% à la même période de 2012, et, fait inhabituel, régression en même temps du sous-emploi qui s’établit à 8,6% au lieu de 9,3%. Contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, ces résultats ne sont pas obtenus sur les seuls trois mois de 2013, mais sur douze mois ; c’est-à-dire sur toute la période qui va du 1er trimestre 2012 au premier trimestre 2013. C’est le sens de l’expression «en glissement annuel».

Cette précision faite, ce qui retient le plus l’attention dans l’évolution du marché du travail, c’est moins les variations du taux de chômage que la nature des emplois créés. Ces 99 000 emplois créés en une année sont tous, nous dit le HCP, des emplois rémunérés. Faut-il y voir une nouvelle tendance dans les créations d’emplois ? En tout cas, en 2012, si l’économie nationale n’a créé, en termes de solde, que 1 000 emplois, ceci était le résultat d’une création de 127 000 emplois rémunérés et la perte de 126 000 emplois non rémunérés. Cela est-il lié à la contre-performance de l’agriculture en 2012 ? Sans doute un peu, car les emplois non rémunérés se concentrent principalement dans le monde rural, sous forme d’aides familiales (celles-ci représentant 22,7% de l’emploi total).

Mais au-delà des aléas climatiques qui pèsent sur le secteur agricole, l’observation de l’évolution de l’emploi rémunéré sur une période relativement longue (5 ans) permet de constater que celui-ci progresse année après année : de 75,8% de l’emploi total en 2008, l’emploi rémunéré est passé à 77,9% en 2012.

Emploi non rémunéré : 23% de l’emploi total

Au premier trimestre de cette année, l’emploi rémunéré a même augmenté de 1 point, à 78,9% de l’emploi total. Cela explique sans doute la faiblesse des créations nettes d’emplois ces dernières années (une moyenne annuelle de 91 000 postes), en comparaison avec les premières années de la décennie 2000 où l’on pouvait enregistrer jusqu’à 426 000 emplois nets par an, comme ce fut le cas en 2003. Sauf que pendant ces années-là, l’emploi non rémunéré pesait encore près du tiers (31,2%) de l’emploi total, au lieu d’un peu plus d’un cinquième aujourd’hui. Bien plus, et pour rester sur cet exemple, en 2003 les enfants de moins de 15 ans étaient nombreux à travailler ; on en comptait 354 000 selon les statistiques du HCP (non compris ceux qui, pour une raison ou une autre, échappaient aux enquêtes du HCP).

Cependant, malgré la baisse du nombre de créations d’emplois nettes, le taux de chômage, lui, a baissé : environ 9% en 2012, contre 11,9% en 2003. L’explication de ce paradoxe se trouve dans l’évolution de la population active.