Légumes : les prix de gros restent stables mais ceux du détail flambent

Ni spéculation ni manipulation des prix, le directeur du marché de gros de Casablanca est catégorique Les niveaux des prix des principaux légumes n’ont pas vraiment changé depuis 2006.

Pour beaucoup, les légumes sont, comme les autres produits alimentaires, devenus très chers. Il est vrai qu’en faisant la tournée des petits marchés du centre-ville et de quelques quartiers populaires, on adhère à ce constat. La tomate est en moyenne à 5 DH le kilo, la pomme de terre à 4 DH, les carottes à 3,50 DH, le haricot vert de 7 à 12 DH et le slaoui à 8 DH.

Ces prix semblent effectivement plus élevés qu’à pareille époque des années précédentes. Mais si l’on observe les mercuriales de près, on verra que les prix de gros fluctuent régulièrement et pas seulement dans le sens de la hausse. Par exemple, au 14 juillet, le prix minimum du kilo de pomme de terre lavée était de 2,10 DH et le maximum de 2,50 DH. En 2007, on avait 3,50 et 3,80 DH sur la mercuriale du jour pris en considération, contre 2,50 à 3 DH en 2006.

Pour la tomate lisse, il faut compter 2 à 3 DH en 2008, 1 à 1,50 DH en 2007 et 2,30 à 2,80 DH une année plus tôt. Il y a certes une sensible hausse en 2008 par rapport à 2007. Mais, par rapport à 2006, cette hausse est négligeable. Quant à la carotte, elle était vendue entre 1,30 et 1,80 DH le kilo en 2006. L’année suivante, elle s’affichait entre 0,80 et 1,20 DH et, au 14 juillet 2008, on pouvait l’avoir entre 1 et 1,80 DH. Le prix est donc revenu à son niveau d’il y a trois ans, après avoir sensiblement fléchi. La même observation vaut pour bon nombre de produits.

Les intermédiaires, un mal pour l’instant nécessaire
Les raisons de cette valse résident dans la disponibilité du produit (la saisonnalité et les conditions climatiques sont déterminantes) et sa qualité. Et selon Hadj Mohamed Sebki, directeur du marché de gros de Casablanca, «il est impossible que des écarts de prix interviennent par des effets de spéculation ou de manipulation du marché».

Selon lui, tout le monde sait d’où et à quelle heure arrive la marchandise. Il y a donc une sorte d’autorégulation. Bref, les prix sont ceux du marché et dépendent de critères objectifs. Néanmoins, il n’occulte pas le rôle des intermédiaires qui sont souvent pointés du doigt dès que les prix commencent à flamber dans le commerce de détail. M. Sebki prend toutefois à contre-pied les critiques en affirmant que «leur présence est un mal nécessaire car chacun a son métier».

Cela veut dire que l’on continuera à subir les aléas du climat et les méfaits des intermédiaires, à moins que les agriculteurs ne s’organisent en coopératives et ne commencent à vendre directement leurs produits aux consommateurs.