Léger redressement du marché du médicament à fin août

Les ventes du privé ont augmenté de 4,5% en valeur et de 2,5% en unités. Malgré tout, les pharmaciens ne sont toujours pas satisfaits du niveau de la demande. Ils déplorent le faible taux de pénétration des produits génériques.

Les ventes de médicaments dans le marché privé (pharmacies d’officine) sont en progression de 4,5% en valeur et de 2,5% en unités à fin août 2017. C’est ce qui ressort des statistiques d’IMS Health, cabinet d’études et d’informations spécialisé dans le secteur de la santé. «Après une période morose du marché du médicament qui a duré quelques années, les professionnels du secteur pharmaceutique se réjouissent de cette légère reprise. Elle est due en partie à la convention du tiers payant signée par les organismes gestionnaires de l’AMO (CNOPS et CNSS) et le Conseil de l’ordre des pharmaciens», déclare Laila Sentissi, directeur exécutif de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (Amip). Cette convention mise en place par l’Agence nationale de l’assurance maladie est entrée en vigueur le 19 juillet 2016. En somme, 86 médicaments coûteux sont disponibles pour les patients concernés dans les 12000 pharmacies d’officine à condition d’être pris en charge auprès de la CNOPS ou de la CNSS. Ce qui explique la croissance accélérée de la valeur du marché évaluée à 4,5% par rapport à celle des unités limitée à 2,5%.

Du côté des pharmaciens, la convention du tiers payant n’a pas été fructueuse. «La marge de distribution des produits coûteux n’est que de 2% limitée à 400 DH, quel que soit le prix du produit. Ce qui laisse très peu de marge aux pharmaciens d’officine, qui se délestent parfois de sa totalité», déclare Hamza Guedira, président du Conseil national des pharmaciens.

Les princeps représentent 62% du total des médicaments écoulés au Maroc. Cette part est en évolution de 0,8% en unités et de 2,9% en valeur à fin août 2017. Le générique reste pour sa part à la traîne avec seulement 38% des ventes, malgré une hausse de 5,7% en unités et de 7,1% en valeur. Ce taux de pénétration est jugé faible pour un pays en développement.

1,2 million de patients dans les pharmacies chaque jour

«En Allemagne, le générique représente 80% du total des médicaments vendus. Au Maroc, bien que des génériques anti-cancer et contre l’hépatite C importés en grande partie sont mis en vente, le taux de pénétration de ce médicament demeure faible. Une politique d’encouragement s’impose de la part de l’Etat, notamment pour alléger les caisses de l’assurance maladie et sensibiliser le corps des prescripteurs et des consommateurs sur la qualité des génériques au Maroc», suggère Mme Sentissi. A en croire M. Guedira, les génériques disponibles à petits prix, suite à la baisse des prix des médicaments, sont souvent vendus à perte par les pharmacies d’officine. «D’où les ruptures répétitives constatées sur ces produits dans certaines pharmacies qui ont arrêté de les vendre», déclare le président du Conseil national des pharmaciens.

Malgré cette légère reprise du marché du médicament, plusieurs pharmacies restent menacées de fermeture, à en croire l’association. Le secteur qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 12 milliards de DH (750 000 DH de chiffre d’affaires moyen/pharmacie) et sert 1,2 million de clients par jour ne croît pas assez pour satisfaire tous les opérateurs du secteur. A titre de comparaison, pour le même nombre d’habitants, le marché algérien du médicament vaut entre 2 et 3 fois celui du Maroc. Avec un tiers de la population marocaine, le marché du médicament tunisien est égal au marché marocain. «Nous avons formé une commission transversale avec les représentants du secteur du médicament pour tirer le marché vers le haut. Pour l’instant, il n’existe pas de stratégie claire et visible de la part de l’Etat», déplore M. Guedira. On s’attend à ce que l’assurance maladie des indépendants (AMI) accueille ses premiers abonnés des professions libérales organisées, en attendant un élargissement aux autres membres.