L’économie théoriquement en bonne posture pour affronter 2022 !

• Dynamiques des secteurs, consommation, investissement, commerce extérieur, création d’emplois, finances publiques…, les voyants en net redressement en 2021 par rapport à 2020 !
• L’économie marocaine aura récupéré 99,5% de son niveau d’avant-crise selon les travaux de cadrage macroéconomique de la DEPF
• Elle renvoie de bons signaux de nature à lui permettre d’aborder 2022 dans une bonne posture, théoriquement plus accommodante que celle du début 2021.

Contre vents et marées, l’économie marocaine semble avoir réussi à tirer son épingle du jeu. Au terme de 2021, elle arbore une posture résiliente dans l’ensemble et renvoie des signes prometteurs pour 2022 !

En effet, l’analyse sommaire des dernières données macroéconomiques (du mois de novembre) démontre que la majorité des voyants sont au vert. Dynamiques des secteurs, commerce extérieur, demande intérieure ( consommation & investissement), création d’emplois, finances publiques, les compartiments qui participent directement ou indirectement à la création de richesse et à la croissance se sont significativement redressés en 2021. Grâce à cette embellie, parmi les plus marquées sur le plan régional, les analystes de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) affirment que le produit intérieur brut (PIB) va récupérer 99,5% de son niveau d’avant-crise, enregistrant l’une des meilleures performances de la région Mena. Autrement dit, les pertes liées à la récession et aux effets de la crise pandémique seraient presque épongées. Ceci a été fait sur la base d’un travail de cadrage macroéconomique où l’évolution de l’ensemble des secteurs a été étudiée et passée au peigne fin.

Il faut dire que, globalement, l’activité économique a affiché un rétablissement progressif et significatif en 2021, à la faveur des avancées enregistrées en matière de vaccination, certes, mais aussi grâce aux mesures de relance engagées et des résultats très positifs de la campagne agricole.

Sur ce dernier volet, au terme des neuf premiers mois de 2021, la valeur des exportations du secteur agricole et agroalimentaire a atteint 49,8 milliards de dirhams, soit une augmentation de 10%. Cette évolution fait suite à la consolidation des ventes à l’étranger de l’industrie alimentaire de 12,8% et des produits d’«agriculture, sylviculture et chasse» de 6,6%. Le programme de la campagne agricole lancée officiellement le 12 novembre prévoit de tenir compte des disponibilités hydriques et visera à renforcer la résilience et l’adaptation de l’agriculture marocaine aux changements climatiques.

Concernant les branches du secteur secondaire, les indicateurs relatent une reprise soutenue de l’activité sur l’année 2021, notamment au niveau des secteurs du BTP (les ventes de ciment en hausse de 16,1% à fin octobre), de l’énergie électrique (la production a augmenté de 6,2% à fin septembre) et des industries manufacturières, en ligne avec l’amélioration du taux d’utilisation des capacités industrielles (+9,3 points à 72,2% à fin septembre), le raffermissement des exportations du secteur, et le maintien de l’évolution positive du secteur extractif (la production de phosphate en hausse de 3,3% à fin septembre).

A registre du secteur tertiaire, les recettes touristiques se sont élevées à 15,9 milliards de dirhams au terme de septembre, en hausse de plus de 200% par rapport à l’année précédente, demeurant toutefois en baisse de 40,2% par rapport à la même période de l’année 2019. Compte tenu de ces évolutions, le repli, en glissement annuel, de ces recettes s’est atténué à -6,1% à fin septembre 2021, après -58,1% à fin juin 2021. Pour ce qui est des nuitées et des arrivées touristiques, elles ont atteint 2,9 et 1,63 million respectivement au titre des deux premiers mois du T3-2021, après 1,08 et 1,58 million à la même période de 2020 et 5,52 et 3,87 millions en 2019. A fin août 2021, le nombre des arrivées s’est renforcé, en une année, de 16,2% à 2,1 millions, alors que celui des nuitées a accusé une légère baisse de 0,5% à 5,6 millions. Toujours dans le secteur tertiaire, les Transports et Télécoms poursuivent leur élan de relance entrepris depuis le début de l’année avec des indicateurs en nette amélioration.

Sur le plan de la demande intérieure, la consommation des ménages a poursuivi sa progression, soutenue par l’amélioration des revenus générés par l’excellente campagne agricole, la bonne tenue des transferts des MRE, la consolidation de la reprise des créations d’emplois (+572 000 emplois rémunérés au T3-2021) et le raffermissement des crédits accordés aux ménages et ce, dans un contexte d’inflation modérée. En outre, l’investissement a montré des signes de reprise, stimulé en cela par la progression des importations des biens d’équipement, la hausse des recettes des IDE et la croissance de l’investissement public. Cette dynamique de l’investissement semble se confirmer par la croissance significative des créations d’entreprises (+53% en glissement annuel à fin août 2021).

Ces signes de reprise, dans plusieurs branches d’activité non agricoles et d’autres à forte contribution dans la valeur ajoutée nationale, ont été enregistrés lors de cette année, ce qui permet à l’économie d’éponger dans une grande partie les effets de la récession liée à la crise et d’aborder l’année qui se profile dans une bonne posture, théoriquement plus accommodante que celle du début 2021.

642 000 emplois créés, un record en 17 ans !

L’économie marocaine a enregistré, au troisième trimestre 2021, une création de 642 000 emplois. Ce nombre représente le plus haut niveau d’emploi créés au cours des 17 dernières années, après +405 000 postes au T2-21 et une perte de 581 000 postes un an auparavant. Il importe de souligner également que les trois années pré-crise ont enregistré une création annuelle moyenne de 145 000 postes. Parmi les emplois créés au troisième trimestre 2021 figurent 572 000 postes rémunérés et 70 000 postes non rémunérés. Par milieu de résidence, cette amélioration a profité tant aux zones urbaines qu’aux zones rurales. Le milieu urbain a enregistré la création de 368 000 nouveaux postes, suite à la création de 385 000 postes rémunérés et la perte de 17 000 postes non rémunérés. Pour ce qui est du milieu rural, il a enregistré une création de 274 000 postes, dont 187 000 postes rémunérés et 87 000 postes non rémunérés. Ainsi, la part de l’emploi rémunéré dans l’emploi total s’est raffermie, atteignant 86,4% au T3-2021, après 85,5% au T3-2019 et 78,8% au T3-2015. Cette dynamique de création d’emplois a concerné l’ensemble des branches d’activités, le secteur des services étant le premier pourvoyeur d’emplois avec 306 000 postes nouvellement créés, suivi du secteur de l’agriculture, forêt et pêche (+190 000 postes), des BTP (+92 000 postes) et de l’industrie, y compris l’artisanat (+54 000 postes).

Les impôts en légère baisse !

Les recettes des impôts directs ont enregistré un taux de réalisation de 91,9%, atteignant 73,7 milliards de dirhams, en baisse de 1,8% par rapport à fin octobre 2020. Cette évolution s’explique, particulièrement, par le repli des recettes de l’IS de 8,4% qui ont atteint 34,9 milliards de dirhams, soit un taux d’exécution de 91,3%, résultat de la baisse sensible de l’activité économique en 2020. En revanche, les recettes de l’IR se sont accrues de 11,5% à 37,5 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de 94,2%, bénéficiant notamment de la hausse des recettes générées par l’IR sur salaires et sur les profits fonciers, ainsi que des opérations de contrôle fiscal et des deux opérations de régularisation spontanée de la situation fiscale du contribuable. Quant aux recettes des impôts indirects, elles ont enregistré un taux d’exécution de 89,1% pour atteindre 80,1 milliards de dirhams, en hausse de 20,3%. Grâce à la poursuite de la reprise de la consommation des ménages, les recettes de la TVA, exécutées à hauteur de 90%, ont augmenté de 22,1% à 54,8 milliards de dirhams. Cette évolution revient notamment à la hausse des recettes de la TVA intérieure (+17,6% à 20,3 milliards) et à celles de la TVA à l’importation (+24,9% à 34,4 milliards). De même, les recettes des TIC se sont raffermies de 16,5% à 25,3 milliards de dirhams, représentant un taux de réalisation de 87,2%. La croissance de ces recettes est due notamment à la hausse des recettes des TIC sur les produits énergétiques (+18,3% à 13,6 milliards) et celles sur les tabacs manufacturés (+12,4% à 9,9 milliards).