L’économie n’a créé que 58 000 emplois nets au cours des 12 derniers mois

Les services ont créé 60 000 emplois, le BTP 42 000 et l’industrie/artisanat 31 000. Le secteur primaire a perdu 75 000 postes. Le taux de chômage a augmenté à  9,6% et le taux de sous-emplois à  10,6%.

En une année, soit entre les troisièmes trimestres de 2013 et 2014, l’économie marocaine a créé 58 000 emplois nets, selon la dernière enquête du Haut commissariat au plan (HCP) sur le marché du travail. C’est assez faible compte tenu des arrivées sur le marché du travail, mais cela reflète, en fait, les possibilités de créations d’emplois rémunérés de l’économie. Car, il faut le dire tout de suite, ce sont pratiquement toujours les emplois non rémunérés, c’est-à-dire principalement les aides familiales, qui viennent à chaque fois «gonfler» le volume global des emplois créés.

On se souvient en effet que dans les années 2003/2004, on pouvait atteindre jusqu’à 400 000 emplois nets en une année grâce, justement, aux aides familiales qui constituaient alors le gros des emplois en milieu rural. Pour une multitude de raisons, dont notamment le développement de la filière agricole et l’accès de plus en plus à l’éducation en milieu rural, le phénomène a diminué mais n’a pas disparu. La preuve, entre les troisième trimestre 2013 et 2014, ce sont en réalité 141 000 emplois qui ont été créés. Il se trouve que dans le même temps, en raison probablement de la mauvaise pluviométrie, les emplois non rémunérés, constitués à 98% d’aides familiales, ont accusé une baisse de 83 000 postes, dont 61 000 en zones rurales. D’où le solde net de 58 000 emplois.

Il est significatif à cet égard que le secteur primaire (agriculture, forêt et pêche), où opère l’essentiel des aides familiales, a perdu 75 000 emplois dont 70 000 en milieu rural. L’année dernière, pour comparaison, ce secteur a créé 156 000 emplois. Moyennant cela, les postes créés l’ont été dans les services (60 000) et principalement dans la branche «commerce de détail», dans le BTP (42 000 postes) et dans l’industrie/artisanat (31 000 emplois), notamment dans la branche textile, bonneterie et habillement (18 000 postes).

Résultat : la population en chômage s’est accrue de 6%, à 1 140 000 chômeurs (+64 000 chômeurs dont 40 000 en milieu urbain), ce qui porte le taux de chômage à 9,6% de la population active au lieu de 9,1% au troisième trimestre de 2013. Cette augmentation du taux de chômage a concerné aussi bien le milieu urbain (14,5% au lieu de 14% précédemment) que le milieu rural (4,1% contre 3,7% une année auparavant).
Phénomène nouveau : alors que traditionnellement la hausse du chômage s’accompagne d’une baisse du sous-emploi, et, inversement, la baisse du chômage engendre une augmentation du sous-emploi, cette fois les deux ont évolué à la hausse. Le sous-emploi selon le HCP s’établit désormais à 10,6% au lieu de 9,4% un an auparavant.