L’économie a créé en moyenne 151 000 emplois nets par an

Le BTP, les services et l’industrie en tête des pourvoyeurs d’emplois En huit ans, le taux de chômage est passé de 13,9% à  9,8%. Il passera à  9,2% à  fin juin 76,6% des postes correspondent à  des emplois rémunérés.

Une fois n’est pas coutume, le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Jamal Aghmani, a fait le déplacement à Casablanca, le 23 juin, pour rencontrer la presse et dresser un tableau satisfaisant de la situation de l’emploi. En effet, le chômage suit une tendance baissière depuis près de dix ans : de 13,9%, à fin 1999, le taux s’est établi à 9,8%, à la fin de l’année écoulée (voir graphe ci-contre).

Cette tendance baissière est encore plus accentuée en milieu urbain puisqu’en huit ans, le taux de chômage a reculé de 6,6 points, passant de 22% à 15,4%, alors qu’en milieu rural il a reculé de 5,4% à 3,8%.

Cela s’explique par deux facteurs. D’abord, la limite incompressible du taux en milieu rural, ensuite le fait que la création d’emplois a plus profité aux diplômés de niveau moyen (68 000 emplois/an) et supérieur (38 000 emplois/an), soit 106 000 emplois en moyenne annuelle au total, alors que les non-diplômés n’ont bénéficié que de 45 000 emplois en moyenne chaque année.

Le taux d’accroissement annuel de l’emploi qui était de 1,2% pour la période 1999-2002 monte à 1,9% entre 2002 et 2007. La création nette d’emplois (emplois créés moins ceux détruits) entre 1999 et 2007 se monte à 151 000 en moyenne annuelle, avec cependant un pic de 300 000 en 2006, grâce à une année agricole exceptionnelle.

Notons que le reflux du chômage a concerné toutes les régions du pays et particulièrement celles où le taux était le plus élevé comme le Sud (-6 points), l’Oriental (-9 points) et le Grand Casablanca (-7 points). Très important, la création nette de 151 000 emplois par an signifie également, et au-delà de l’absorption du nombre de nouveaux demandeurs sur le marché, «une diminution annuelle moyenne du stock de chômeurs de 43 000».

Et pour la suite ? La tendance à la baisse est confirmée par les statistiques plus récentes du HCP (Haut commissariat au plan) qui font état, au premier trimestre 2008, d’un taux de chômage de 9,6%. Mieux, entre le premier trimestre 2007 et celui de 2008, on a comptabilisé 55 000 chômeurs en moins dans le milieu urbain pendant que les emplois en milieu rural ont baissé de 3,4%, en raison d’une année agricole médiocre.

La part des salariés augmente de 4,6 points en dix ans
Le recul du chômage concerne aussi les diplômés dont le taux de chômage passe de 19,7% au premier trimestre 2007 à 18,9% en 2008. Néanmoins, ce taux reste encore trop élevé et dénote de l’inadéquation entre le système d’éducation et les besoins du tissu économique.

Par ailleurs, la part du chômage due aux licenciements et aux fermetures d’unités de production est passée de 30,1% au premier trimestre 2007 à 26,5% pour la même période de 2008, alors que celle résultant de l’arrêt d’activité de travailleurs indépendants, souvent pour insuffisance de revenu, passe de 18,4% à 15,7%.

Au cours du premier trimestre 2008, les secteurs les plus créateurs d’emplois ont été les services avec 84 000 emplois nouveaux (+ 2,4%), les BTP avec 81 000 emplois
(+ 10%) et les industries avec 52 000 (+4%). Ces créations d’emplois récentes, c’est-à-dire entre les premiers trimestres 2007 et 2008, sont pour plus de 90% le fait du secteur privé, dont les industries, les BTP et le commerce qui ont vu leur part augmenter sensiblement.

On constate par ailleurs quelques tendances qui témoignent de mutations intéressantes du marché du travail: la part des salariés dans l’emploi s’est appréciée de 4,6 points en moins de dix ans (1999-1er trimestre 2008), passant de 38,8% en 1999 à 43,4% au premier semestre 2008 et celle des aides familiales a baissé, sur la même période, de près de 8 points, s’établissant à 23,4%. A partir de ce dernier point, et en toute logique, la part de l’emploi rémunéré s’est améliorée en gagnant 2,6 points de pourcentage et passant de 74% à 76,6% entre les premiers trimestres 2007 et 2008.

Ces performances en matière d’emploi durant ces dernières années sont dues à la conjonction de plusieurs facteurs, selon le ministre de l’emploi, entre autres les grands chantiers d’infrastructures, du tourisme et de l’habitat, mais aussi grâce à la stratégie industrielle (offshoring, automobile, aéronautique …). Il n’oublie pas non plus l’amélioration de la réglementation relative à l’investissement et à l’emploi.

Notons, enfin, qu’à l’issue du premier semestre 2008, le Plan prévoit un taux de chômage de 9,2% sur la base d’un taux de croissance annuel du PIB de 6,8% .