L’échangeur de Sidi Maà¢rouf… Ce n’est pas pour demain !

Il était censé faciliter la circulation et fluidifier l’accès à  Casablanca… Mais au fil des retards, des reports et des suspensions, la construction de l’échangeur de Sidi Maà¢rouf peine à  se concrétiser. Aujourd’hui, on s’achemine à  nouveau vers un appel d’offres. Le point.

Parmi les ouvrages destinés à faciliter la circulation et l’accès à Casablanca, l’échangeur de Sidi Maârouf demeure celui dont la réalisation a connu le plus de problèmes, et donc de reports, de suspensions, et finalement de retard. Actuellement, le projet est de nouveau à l’étude au niveau des autorités de la ville dans le but de lancer un nouvel appel d’offres.

Ce retard est dû au fait qu’au moment de faire des choix sur la forme que devrait prendre cet échangeur, c’est-à-dire en 2008, deux conceptions s’affrontaient. A l’époque, et selon une source qui a suivi ce dossier jusqu’à aujourd’hui, le wali du Grand Casablanca, Mohammed Kabbaj et son équipe, penchaient vers un ouvrage d’art en surface, c’est-à-dire des ponts pour décongestionner ce grand carrefour de la ville. Ils estimaient que le creusement de trémies n’était pas vraiment nécessaire à court terme vu les études réalisées sur l’évolution des flux de la circulation. En tout, aux heures de pointe, ce carrefour pouvait voir transiter jusqu’à 11000 véhicules par heure.

En revanche, le ministère de l’équipement, partie prenante dans ce projet et maître d’ouvrage, voyait plus grand et penchait vers un ouvrage grandiose qui devait être programmé en 2009 en accord avec le nouveau wali du Grand Casablanca, Mohamed Halab.

Le projet avait été lancé sur fond de bataille électorale

C’est finalement cette deuxième option qui a été retenue et qui a fait l’objet d’un appel d’offres. L’ouvrage portait sur un viaduc de type pont à haubans pour drainer les flux directs entre Casablanca et l’aéroport Mohammed V (niveau 1), deux trémies pour les flux directs entre Sidi Maârouf et la route nationale numéro 11 vers Casablanca (niveau -1) et  deux giratoires circulaires nord et sud implantés sur cette même RN 11 (niveau0). L’ouvrage comprenait en plus une plateforme pour le tramway (niveau0) ainsi que des bretelles de raccordement avec les six branches que compte le carrefour.

Le financement avait été fixé à 315 millions de DH en 2009, budget que tous les spécialistes estimaient insuffisant au vu de la consistance de l’ouvrage. Mais il faut se rappeler que le projet avait été lancé sur fond de bataille électorale pour la conquête de la mairie de Casablanca, son lancement n’était donc pas exempt d’arrière-pensées politiques.

Quoi qu’il en soit, le budget n’a pas tardé à être révisé pour être porté à 507 millions de DH, selon la convention de financement de novembre 2010, dont 256 millions à la charge de la Commune urbaine de Casablanca, 148 millions comme quote-part de la Direction générale des collectivités locales (DGCL) et une contribution de 103 millions du ministère de l’équipement et du transport, sans parler du coût d’expropriation estimé à 80 MDH.
Certes, le lancement de l’appel d’offres avait été suspendu, puis relancé, en raison du changement de la conception du projet à cause de la mise en place de la voie du tramway. Mais le plus grand blocage est celui né de l’incapacité de la ville à assainir le foncier dans cette zone. En effet, outre les quelques villas qu’on trouve par-ci et par-là, il fallait aussi assainir la situation avec des promoteurs qui avaient des autorisations de construire en bonne et due forme délivrées par les services de la CUC eux-mêmes pour des immeubles.

Pour finir, le marché a été encore une fois suspendu à la veille de l’ouverture des plis, ce qui n’est pas pour plaire aux entreprises qui ont soumissionné car cela ne va pas sans frais.
Aujourd’hui, on s’achemine donc vers un nouvel appel d’offres, mais pour quelle forme d’ouvrage et avec quelle consistance ?