Leasing : la profession prépare une feuille de route 2018-2020

La production progresse annuellement de 5% contre plus de 20% de 1995 à 2008. Une étude de l’Association professionnelle des sociétés de financement révèle que sur 500 entreprises sondées les deux tiers envisagent de recourir au leasing dans les cinq prochaines années.

Fini le temps où le crédit bail alignait des progressions à deux chiffres allant au delà de 20% en moyenne chaque année. Depuis 2008, la croissance est molle. Elle est en moyenne de 5%. «Si le financement à travers le leasing se tasse, c’est en raison notamment de la conjoncture économique qui continue d’être difficile», explique Abdesslam Bouirig, membre de l’APSF et directeur général de BMCI Leasing. Durant la période précédente, un intérêt particulier a été porté à ce mode de financement rendu attractif par des avantages fiscaux intéressants. A cela s’est ajoutée une croissance économique régulière, accompagnée par le lancement de plusieurs chantiers d’infrastructures et de développement économique. Dans ces conditions, les entreprises affichaient la volonté de se mettre à niveau et de renouveler leurs équipements. Ce n’est plus le cas. Les principaux clients, PME et TPE, s’y sont détournés «à cause des difficultés financières qu’elles traversent et du coût du financement jugé plus élevé que le crédit bancaire», explique un opérateur. Le leasing vient en 4e place après l’autofinancement, les dettes fournisseurs et les crédits bancaires, avec un taux de pénétration de 15% (stable depuis 2010) et un encours de financement qui avoisine 50 milliards de DH.

Le volet agricole intégré dans la feuille de route

Selon une étude non finalisée, présentée en avant-première par le cabinet LMS-CSA sur un échantillon de 500 entreprises, lors des deuxièmes Assises nationales du leasing, près de la moitié des sondés a déjà eu recours à ce moyen de financement et près du cinquième le considèrent comme leur mode de financement privilégié. De plus, 80% en sont satisfaits, dont 30% très satisfaits. Près de 2/3 des sondés envisagent d’y faire appel au cours des cinq prochaines années. Mais pour cela, les opérateurs disent avoir besoin d’un coup de pouce. Toutefois, ils sont dans l’attente – hormis les conditions économiques favorables – d’un remodelage des offres des sociétés de financement, avec un allègement du coût et des garanties.

La même étude fait ressortir que le matériel roulant représente 54% du volume contre 25% pour les machines et les équipements industriels, 11% pour les travaux publics et bâtiments.

Pour relancer la machine et replacer le secteur sur le chemin de la croissance, l’APSF a prévu une feuille de route allant de 2018 à 2020. Elle comprendra une refonte de tous les volets, financier, réglementaire, judiciaire, comptable, fiscal et commercial du leasing. Elle inclura également le volet agricole, qui reste le parent pauvre de la profession. «Il est vrai que le Crédit Agricole a déjà lancé cette activité. Notre ambition est de développer cette niche», affirme-t-il. Objectif : retrouver les taux de croissance de la période d’avant 2008».