Le transport routier de marchandises aura un nouveau contrat programme en 2014

Un travail préalable d’analyse des insuffisances de la réforme engagé depuis 2003 devrait être initié incessamment. Le système de prime à  la casse devrait être revu en concertation avec les professionnels. Pour le coût du gasoil, le ministère promet une aide financière si le système des subventions est revu.

Le ministère de l’équipement et du transport fera bientôt le point sur la stratégie du secteur du transport routier de marchandises. Dix ans après son lancement, Aziz Rebbah veut en effet évaluer la réforme pour y apporter, si nécessaire, des ajustements. «Nous souhaitons faire une analyse critique de la réforme cette année afin de mieux cerner ce qui ne va pas», annonce-t-il devant la Chambre de commerce suisse au Maroc. Le ministre de tutelle justifie la nécessité d’évaluer cette réforme par les évolutions rapides qu’a connues le marché ces dix dernières années. Il s’agit aussi d’un message adressé aux opérateurs dont beaucoup déplorent le peu d’apport qu’a eu cette stratégie pour le secteur. A quoi faut-il donc s’attendre une fois l’évaluation effectuée ?

Selon des sources ministérielles, l’idée d’un nouveau contrat programme pour la période 2014-2016 fait bien son chemin. Celui-ci viendrait en continuité de celui arrivant à échéance cette année et qui visait la régulation et la mise à niveau des acteurs du transport routier de marchandises. Les travaux d’élaboration de ce document devraient même être entamés incessamment.

L’Exécutif devrait aussi profiter du bilan d’étape pour proposer un nouveau programme de renouvellement du parc. Le premier programme, initié sur la période 2011-2013, fait partie des points tant décriés par les professionnels, à cause notamment du volet relatif à la prime à la casse. «Nous avons le regret de constater que le système de prime à la casse ne marche pas, en raison, entre autres, d’une problématique de TVA», déplore un opérateur de la place. Actuellement, le montant de cette prime va de 90 000 DH à 155 000 DH selon le tonnage et l’âge du véhicule. Les professionnels considèrent que ce montant reste largement insuffisant et permet au marché de l’occasion de rester plus compétitif que celui des véhicules neufs, notamment pour les petits opérateurs. Or, actuellement, le secteur est surtout constitué de TPE et PME, comme en atteste le dernier rapport sur le secteur élaboré en mars dernier par le ministère des finances. «Les TPE et les PME représentent 95% des entreprises opérant dans le secteur, dont 90% sont des entreprises individuelles, qui détiennent chacune une flotte moyenne de 3 à 5 camions», peut-on lire dans ledit rapport. A ce niveau, le ministre de tutelle reconnaît que la nouvelle version devra se faire en concertation avec les opérateurs avec l’objectif d’éviter l’échec rencontré dans la première initiative.

D’autres problématiques sont également soulevées par les professionnels et devront certainement être prises en compte dans le nouveau contrat programme. Parmi celles-ci, la question du coût du gasoil revient souvent. Selon un professionnel, le gasoil représente 35% à 40% des charges des opérateurs et un soutien à ce niveau leur serait bénéfique. A ce niveau, le ministre promet que «si le système de subvention est revu, le secteur du transport bénéficierait logiquement d’aides financiers à l’instar des autres secteurs industriels».

C’est dire les bonnes volontés affichées actuellement par les pouvoirs publics. Il reste maintenant à mettre en pratique ces promesses, chose qui a souvent fait défaut par le passé.