Le tourisme rural reste à  la traîne

130 000 touristes viennent au Maroc pour le rural. Le potentiel est estimé à 1,3 million de personnes.
93 produits de niches identifiés dans 28 zones rurales.
L’implication des habitants jugée comme un facteur clé de
succès.

D’abord spontané, ou réservé à quelques passionnés de sports nautiques, de montagne, ou tout simplement de la nature, le tourisme rural et de niches est, l’air de rien, en train de faire son petit bonhomme de chemin. C’est depuis peu en effet que le ministère du Tourisme a décidé de le soutenir, de l’encadrer et de le développer. En effet, une étude réalisée par le PNUD dans la foulée de l’accord-cadre entre le gouvernement et la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), en octobre 2001, a pu recenser de manière quasi exhaustive les ressources naturelles touristiques, tous les sites, en milieu rural. L’étude a démontré que 59% des touristes qui viennent au Maroc circulent en zones rurales durant leur séjour, mais il ne s’agit là que de transit entre les grandes agglomérations, et ces transits n’ont pratiquement aucune retombée sur les campagnes. En effet, à l’exception des randonneurs dans les montagnes de l’Atlas , estimés entre 35 000 et 50 000 et des touristes qui choisissent les circuits organisés du Sud du pays, les campagnes marocaines sont ignorées par les touristes. En gros, l’étude a estimé les consommateurs de tourisme rural à environ 130 000, mais avec la possibilité de porter leur nombre à 1,3 million en 2010. Quant aux nationaux amateurs de séjours à la campagne, mais qui ne trouvent pas de produits adaptés à leurs besoins, leur nombre pourrait passer sur la même période de

400 000 à 1,5 million. D’une manière générale, conclut cette étude, le nombre de touristes consommant en zones rurales pourrait être multiplé par quatre à l’horizon 2010 si les 93 produits de niches identifiés dans 28 zones rurales sont mis en valeur et soutenus par des infrastructures de base (routes rurales, gîtes, etc.)

Mais d’emblée, le plan d’action lancé en 2004 n’a pas vu grand et a opté pour un certain réalisme en ciblant seulement quatre produits de niches et six PAT (pays d’accueil touristique), tant, a-t-on expliqué alors, les moyens financiers pour développer le tourisme rural et de niches sont modestes et le manque en ressources humaines flagrant.

Des actions lancées avec prudence
L’effort s’est donc porté sur quelques niches: le tourisme de croisière dans les principaux ports du pays (Casablanca , Tanger, Agadir….), le sport de glisse à Dakhla et Safi et le parachutisme dans la région de Béni Mellal.
Deux ans après, il apparaît que, suite aux opérations de promotion auprès de certains TO, et une communication média bien ciblée, la destination Dakhla, si elle cartonne, se heurte tout de même à un déficit en logements, puisque la ville ne dispose que d’un seul hôtel et d’un campement. Grâce au parachutisme, la ville de Béni Mellal a vu ses nuitées augmenter significativement. Mais il faut dire que la ville dispose d’un petit aérodrome et certaines associations de parachutisme y allaient déjà spontanément.

Concernant les PAT, l’année 2005 a vu la concrétisation d’un certain nombre d’actions à Chefchaouen, Immouzer Ida Outanane, Moyen et Haut-Atlas, dans le Sud. L’essentiel du travail a consisté à construire des gîtes ruraux, à identifier et à baliser les circuits, à mettre en place des centres d’information, des aires de repos. En 2006, en plus de l’achèvement de ces chantiers, il est prévu le lancement de nouveaux. Mais, surtout, une réflexion a lieu au sein du ministère du Tourisme pour voir comment toutes ces richesses pourraient être gérées sur place même, car on est aujourd’hui bien conscient que c’est le travail de proximité et l’implication des habitants qui pourraient donner un élan au tourisme rural.

Pour le moment, les séjours à la campagne se font de manière spontanée.