Le tourisme interne représente 20% de parts de marché

De nombreux hôtels, résidences et auberges ont adapté leurs tarifs pour les touristes nationaux

Ils représentent la deuxième plus grosse clientèle après le marché français.

Selon les statistiques de l’Observatoire national du tourisme marocain, les nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement touristique classés en avril 2009 affichent, pour la première fois depuis le début de cette année, une hausse de +5% par rapport au même mois de l’année précédente. Cette progression des nuitées s’explique en grande partie par les résultats positifs réalisés par les résidents (+11%) mais aussi par ceux réalisés par les résidents (+4%). Par ailleurs, les Marocains, qui représentent 20% des nuitées totales, ont enregistré une augmentation de +5% comparativement à fin avril 2008.

300 MDH c’est important comme enveloppe pour la promotion. Cela permettra-t-il à votre avis de soutenir efficacement le secteur ?
Dans notre pays, le tourisme a un très fort impact sur les agrégats de l’économie, tant au niveau du rapatriement de devises qu’au niveau de l’emploi et du partage des richesses, et ce, à tous les niveaux de l’échelle sociale. Après lobbying du ministère du tourisme, de la Fédération nationale du tourisme, le ministère de l’économie et des finances a convenu d’attribuer au secteur un budget spécial de 300 MDH, afin de garder l’esprit dynamique de ce marché, d’être plus agressif contre la crise, préserver l’emploi, accompagner les conseils régionaux du tourisme.Dans ce protocole d’accord, des engagements de l’Etat sont notamment prévus pour renforcer la communication institutionnelle, renforcer la communication au niveau du tourisme national, stimuler les ventes de package auprès des tour-opérateurs et bien veiller à consolider la dynamique du tourisme aérien.

Certains parlent aujourd’hui de demi-succès quand ils évoquent la Vision 2010…
Bien au contraire ! Lorsque ce grand programme a été érigé en 2001, il nous a fallu près de trois ans pour que les opérateurs du tourisme et les médias commencent à le prendre au sérieux. La feuille de route de 2010 a démontré le contraire en quelques années. Aujourd’hui, toute la méthodologie reste à faire. Au fur et à mesure que l’enveloppe budgétaire de 300 MDH accordée tout récemment au secteur sera débloquée, il y aura des évaluations immédiates qui seront faites pour voir si le retour d’investissement est favorable, positif ou négatif. Le ministère de l’économie est là pour soutenir l’économie du tourisme. La FNT est là pour apporter des messages transverses. Nous restons, bien entendu, à l’écoute de toutes les régions mais maintenant chaque région a son plan propre, sa feuille de route, et doit s’appliquer à la mise en œuvre de ce grand programme. Il faut se donner les moyens humains pour se mobiliser rapidement.

Quelles solutions s’offrent aujourd’hui au touriste marocain ?
En 2012, le tourisme national de segment C+ / C- aura des offres très intéressantes en haute et basse saison. Vous aurez des résidences, dans des complexes intégrés, pensés pour les Marocains qui ne dépasseront pas les 3 000 DH la semaine pour toute une famille, à un prix réduit de moitié en hiver. Ces résidences seront composées de kitchenette, d’un salon télé aménagé, ainsi que de tous les accommodements nécessaires autour : petits commerces, équipements sportifs, cafés, cinéma, piscine, plage, etc. Même les ménages à petits revenus pourront se payer des vacances. Nous serons à ce moment-là très curieux de voir le succès rencontré avec ce projet. Nous espérons que d’ici là, le Maroc pourra organiser ses vacances en fonction des régions : le Nord, le Centre, le Sud afin que chacun puisse profiter de ces installations touristiques. Rester sur la même programmation actuelle est ridicule car il n’y aura toujours pas assez de place pour tout le monde. En dehors de ces 16 à 18 semaines de vacances, il y aura aussi les fêtes religieuses et nationales qui intéresseront les Marocains. La période restante sera l’occasion de proposer des produits touristiques à des prix extraordinaires aux étudiants et aux seniors notamment.

Le Marocain ne négligerait-il pas les attraits touristiques de son pays ?
Pas du tout. Le touriste marocain consomme beaucoup plus la destination marocaine qu’étrangère. Bon an mal an, plus d’un million de Marocains voyagent pendant les congés assimilés à des vacances. Pendant l’Aïd Al Adha, par exemple, Casablanca se vide de 500 000 de ses habitants, au moins. Certes, les vacanciers ne vont pas tous dans les hôtels classés, dans les auberges, mais chez leurs familles, dans leur résidence secondaire. Il n’empêche que cela reste du tourisme national, pas aux normes de la banque et des agences. 20% des nuitées dans les hôtels classés sont occupés par les Marocains. Le deuxième marché après la France est bien le Maroc, c’est un marché stratégique, bien qu’il ne rapporte pas de devises et ne consomme pas autant que les touristes étrangers. Les destinations phare restent Marrakech, Agadir et Casablanca. Les nationaux à Marrakech représentaient 20% des nuitées en juin 2008, et 28% un an après. Les touristes nationaux n’ont pas manqué le rendez-vous et ont su profiter des promotions spéciales qui leur ont été offertes. Reste maintenant à attendre et patienter pour voir comment iront les choses avec les stations du plan Azur.

En attendant 2012, quelles sont alors les grandes tendances pour cet été ?
Les voyages organisés vers l’étranger rencontrent beaucoup de succès auprès des Marocains. Les destinations phare sont la Turquie, l’Egypte, l’Italie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et le Brésil. Les croisières autour de la Méditerranée commencent à constituer un réel créneau, tout comme les mix pays, une semaine sur l’eau et 4-5 jours dans une grande ville, sont des produits très appréciés comme l’Egypte et la Turquie et aussi la Turquie et la Grèce.

Les voyagistes ont-ils commencé à étudier les conséquences du mois de Ramadan cet été ?
Il est indéniable que l’effet Ramadan va perturber le chiffre d’affaires des voyagistes dès cet été et ce, pendant les quatre prochaines années à venir. Des pertes d’emplois risquent de se produire, un ralentissement sur la communication et la publicité également. Un repli très important risque de se faire sentir sur les vacances en juillet.
Le tourisme national saura s’adapter au fur et à mesure au Ramadan. Beaucoup de familles ont des enfants. Que nous le voulions ou non, les enfants ont quand même envie de partir en vacances, et leurs vacances à eux se font en juillet et août. Comment faire ? La problématique fait l’objet d’un débat à l’heure actuelle et de légères tendances commencent à apparaître. Les Marocains essayent de louer des cabanons, dans la forêt. La tendance se fera encore plus ressentir l’été prochain. Les habitants seront à la recherche de lieux de villégiature où ils peuvent se retrouver en grande famille et jouer aux cartes le soir, écouter de la musique, regarder la télé, sortir aussi.