Le taux de dépendance énergétique baisse de 2,2 points entre 2002 et 2014

La contribution des produits pétroliers à  la balance énergétique a baissé pour la deuxième année consécutive. Les mises en service des tranches 5 et 6 de la centrale thermique de Jorf Lasfar et du parc éolien de Tarfaya ont permis au Maroc de gagner 1 000 MW de puissance installée.

C’est le cœur du combat pour la transition énergétique du Maroc. Depuis 2002, la dépendance énergétique du Maroc a été réduite, passant de 96,8% à 94,6% à fin 2014. Un recul de 2,2 points seulement, alors que l’objectif fixé dans la stratégie énergétique nationale est de ramener cette dépendance à 85,44% à l’horizon 2025. Ce taux était même tombé à 93,6% en 2013 mais la consommation n’a jamais cessé de progresser. D’après les chiffres provisoires fournis par le Secrétariat général du ministère de l’énergie et des mines, elle a progressé de 3,8% en 2014 par rapport à l’année précédente, passant de 18,4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à 19,1 Mtep. Et dire qu’en 2002, la consommation n’atteignait alors que 10,5 Mtep ! Chaque année, nous consommons en moyenne 5,1% d’énergie en plus que l’année précédente.

La consommation d’énergie éolienne a progressé de 41%

Dans le mix énergétique, les produits pétroliers continuent, sans surprise, de peser plus de la moitié de l’approvisionnement national. Avec 10,4 Mtep, soit 54,5% de la consommation énergétique nationale, son plus bas niveau sur ces 10 dernières années, la consommation de produits pétroliers a enregistré la deuxième baisse consécutive (-3,26%) après celle de 2013. Au premier trimestre de cette année, ce recul se confirme puisque les ventes de gasoil ont perdu 5,6% et celles de fuel 45,4% à fin mars dernier. Si la contribution des produits pétroliers à la balance énergétique a baissé entre 2013 et 2014, pourquoi la dépendance énergétique a-t-elle alors pris 1 point entre ces deux périodes ? La réponse est que les échanges d’électricité, via l’interconnexion, ont eux-mêmes progressé de 11,3%, représentant 8,19% du mix énergétique contre 7,62% en 2013. Les consommations de charbon (+26%) et d’éolien (+41%) ont elles aussi progressé, l’éolien ayant profité de l’entrée en service en décembre 2014 du parc éolien de Tarfaya (300 MW), développé par GDF Suez et Nareva Holding. Résultat, le charbon, les échanges d’électricité et le gaz naturel ferment la marche et pèsent respectivement pour 26,6%, 8,19% et 5,85% de la consommation nationale. A l’inverse, les consommations de gaz naturel, passant de 1 150 Mtep à 1 116 Mtep (-2,95%), et d’énergie hydraulique, passant de 724 Mtep à 426 Mtep (-41%) ont plus ou moins baissé en 2014. Ce net fléchissement du poids de l’énergie hydraulique dans la balance énergétique s’explique à la fois par la pluviométrie et par le caractère exceptionnel de l’utilisation de cette énergie, utilisée en priorité par l’agriculture.

19,1 MDH investis en 2014 contre 3,9 milliards en 2012

Depuis longtemps, le Maroc a pris la mesure des efforts à fournir pour se doter d’un mix énergétique davantage varié. En 2002, le pays investissait 4,68 milliards de DH (MMDH) pour l’énergie. En 2008, le budget atteignait un sommet avec 21,55 MMDH. Même en n’investissant «que» 19,1 MDH en 2014, l’une des enveloppes les plus faibles depuis 2002, le Royaume a vu sa puissance électrique installée gagner 1000 MW l’année dernière, passant de 6 892 MW à 7892 MW.

Si l’approvisionnement en énergie hydraulique n’a guère évolué, aucune station de transfert d’énergie par pompage (STEP) n’étant venue compléter les actuels 1 770 MW fournis grâce à l’hydraulique (dont 464 MW de STEP), de nouvelles infrastructures produisant de l’énergie thermique et éolienne ont permis d’augmenter la puissance électrique installée issue de ces énergies renouvelables. Côté thermique, la puissance installée est ainsi passée de 4 667 MW à 5 367 MW et ce, grâce à la mise en service des tranches 5 et 6 de Jorf Lasfar (700 MW en tout) tandis que l’éolien a gagné 300 MW, passant de 454,9 MW à 754,9 MW, après le lancement du parc de Tarfaya (300 MW) en décembre 2014. Dès cette année, les projets solaire et éolien porteront leurs fruits. Cela commencera par la mise en service de la première phase du complexe d’Ouarzazate (160 MW). Côté éolien, il faudra patienter jusqu’en 2016, date à laquelle doivent être mis en service le parc éolien de Taza (150 MW), en cours de développement par le consortium EDF Energies Nouvelles Maroc avec Mitsui & Co, et l’extension du parc éolien d’Akhfennir (100 MW), réalisée par Nareva dans le cadre de la loi 13-09. A ces derniers s’ajouteront les parcs éoliens de Jbel-Khalladi (120 MW), dont le promoteur est UPC Morocco Wind Partners B.V., et du Cap Cantin 1 (18 MW), près de Safi, tous deux en cours de développement dans le cadre de la loi 13-09, et les parcs du projet éolien intégré (850 MW), dont les mises en service s’étaleront de 2016 à 2020.