Le Syndicat d’initiative de Casa fait de la résistance

Créées dans les années 1960, ces structures ont fermé un peu partout.

Que sont devenus les Syndicats d’initiative et de tourisme ? Dotées du statut d’association professionnelle à but non lucratif, ces bureaux que l’on trouvait pratiquement dans toutes les villes, et qui fournissaient gratuitement aux touristes des informations pratiques et de la documentation sur les sites touristiques de la région, ont pour la plupart mis la clé sous le paillasson. Et quand ils existent encore, comme c’est le cas à Casablanca (Boulevard Mohammed V), on se demande si ce n’est pas de la pure résistance puisque aucun visiteur, étranger ou venant des autres régions du pays, ne les sollicite.
L’ouverture de kiosques d’informations touristiques dans la capitale économique, et bientôt dans d’autres villes, sur l’initiative des CRT (Conseil régionaux du tourisme) et de l’ONMT (Office national marocain du tourisme) va sans doute porter le coup de grâce au Syndicat d’initiative de Casablanca.

Le président est âgé de 82 ans et le secrétaire général de 75 ans
En fait, les Syndicats d’initiative pouvaient maintenir leurs portes ouvertes tant qu’ils recevaient une petite subvention du ministère du Tourisme, puisqu’ils avaient un rôle de promotion. Mais, depuis la création des GRIT (Groupement régionaux d’intérêt touristique), et leur remplacement par les CRT, qui ont pris en main la promotion régionale, ils ont perdu leurs petits moyens et leurs petites prérogatives… Celui de Casablanca résiste encore parce qu’il gère toujours le camping de l’Oasis, qui lui assure quelques ressources. Son président a aujourd’hui 82 ans, mais tient toujours à son titre, alors que le secrétaire général, âgé quant à lui de 75 ans, continue d’exercer. Aucune relève n’est en vue.
Quasiment toutes les autres structures chargées du tourisme ignorent tout du présent et de l’avenir du bureau de Casablanca. Au CRT de la ville, on affirme n’avoir aucun rapport avec le Syndicat d’initiative, et qu’il faudrait chercher plutôt au niveau des autorités de la ville pour avoir des informations sur le devenir de cette entité. Même réponse au niveau du ministère du Tourisme et de l’ONMT. Bref, il semble que personne ne portera le deuil de cette structure condamnée à disparaître.