Le «sur-mesure» est le socle de la stratégie agricole Al Jayl Al Akhdar

• Le Groupe CAM toujours fortement impliqué dans le financement du secteur agricole. Le développement de ce dernier passe également par des efforts d’immatriculation, le redressement de la situation des terres collectives et l’assurance agricole.

Crédit Agricole du Maroc (CAM) poursuit son engagement envers le secteur agricole et le monde rural. Récemment, trois conventions ont été signées ; deux d’entre elles ont réuni le ministère de l’agriculture, la Fédération des chambres d’agriculture du Maroc (FECAM), la Comader et le CAM. La 1ère vise un accompagnement financier par le Groupe CAM des filières agricoles et de leur développement dans le cadre du déploiement de Génération Green 2020-2030 et la 2e concerne l’accompagnement spécifique des jeunes entrepreneurs agricoles. La 3e convention, elle, a été signée entre la direction des affaires rurales du ministère de l’intérieur, l’ANCFCC et le CAM. L’objet est de définir le cadre général de financement et d’accompagnement par le GCAM des ayants-droit à titre individuel ou organisé dans des coopératives et bénéficiaires de l’opération de melkisation des terres collectives pour la réussite de leurs projets et activités génératrices de revenus.
Ces conventions viennent suite à 18 autres signées depuis novembre dernier avec les parties prenantes du secteur agricole et du monde rural. C’est dire l’engagement du GCAM dans le financement, l’accompagnement et le suivi des intervenants du secteur agricole. D’ailleurs, les intervenants de la rencontre organisée à l’initiative du CAM et à laquelle tous les opérateurs du secteur agricole ont été conviés, se disent consternés par le manque d’engagement manifesté des autres banques pour ce secteur, qui contribue à lui seul à 19% du PIB. L’occasion d’inviter tous les acteurs du système bancaire à s’y intéresser concrètement, et pas que sur papier. En tout cas, «le plan Génération Green met l’accent sur le capital humain. Notre mission est donc d’accompagner autant les exportateurs, qui souhaitent chercher des débouchés, que les agriculteurs qui souhaitent créer davantage de valeur ajoutée à leur agriculture, ou encore les investisseurs qui entendent pénétrer des marchés plus rentables», explique Tariq Sijilmassi, président du directoire du GCAM. Tout cela, en offrant des services «sur-mesure» pour l’agriculteur certes, mais aussi pour le citoyen appartenant au monde rural.
Le développement du secteur agricole passe également par l’encouragement de l’immatriculation des terres agricoles. Dans ce cadre, l’Etat déploie des efforts colossaux. Le citoyen est exempté des droits de la conservation foncière au moment de l’immatriculation de son bien. Il peut le faire muni de sa CNI seulement. «Il s’agit ainsi d’une subvention indirecte de 400 MDH qui est accordée annuellement», explique Karim Tajmouati, directeur général de l’ANCFCC. Il ajoute : «Grâce à l’opération de l’immatriculation d’ensemble, ce sont 550 000 titres fonciers qui ont été créés. En outre, 1 million d’hectares sont immatriculés chaque année. Autre chiffre éloquent : 50% de nouveaux titres fonciers sont relatifs au monde rural». Il aura fallu un «petit» encouragement de la part de l’Etat pour que les citoyens s’inscrivent dans cette démarche. Pour poursuivre cet élan, M.Tajmouati souhaite que le financement des droits de la conservation foncière soit un élément à part entière du financement de l’investissement.
Au-delà de cela, l’attention doit être tournée vers les terres collectives. «Plus de 500 000 familles vulnérables qui rentrent dans ce cadENCre exploitent 2,5 millions d’hectares. Elles attendent un quelconque intérêt de la part des parties concernées pour que leur situation soit redressée et leur niveau de vie amélioré. Le but est de les insérer dans le circuit du développement économique et social», signale Abdelmjid El Hankari, directeur des affaires rurales au ministère de l’intérieur.
Bien entendu, tous les acquis consolidés lors de la décennie du PMV et les développements escomptés du plan Génération Green, ne seraient possibles sans le déploiement du volet relatif à l’assurance. Ainsi, l’assureur agricole Mamda avait mis en place une stratégie avec le ministère de l’agriculture pour lancer des produits de couverture contre les changements climatiques essentiellement. «Un million d’hectares de superficies céréalières ont été couverts, au profit de 100 000 agriculteurs, grâce à un produit spécifique aux céréales et qui offre 5 types de garanties. De même, l’indemnisation a atteint 3 milliards de DH», annonce Hicham Belmrah, PDG de Mamda-Mcma. Au vu de ces performances, une étude est en cours entre les parties concernées dont l’objectif est d’élargir la base des assurés pour inclure d’autres catégories.
Maintenant que l’ensemble des acteurs se dit prêt à poursuivre l’accompagnement de ce secteur, les interprofessions sont appelées à jouer un rôle majeur dans le développement de leur filière respective. Parmi les axes de développement se trouvent la modernisation des chaînes de distribution, la mise à niveau des marchés de gros et des souks traditionnels et la mise en place de circuits courts tels que la distribution directe et les marchés digitaux. Le développement passe aussi par l’export et la conformité de la production aux normes exigées à l’international, par la traçabilité et la certification, ainsi que la digitalisation de l’écosystème agricole.