Le Sud toujours menacé par les criquets

Les équipes marocaines ont traité 100 000 ha dans le Sud du pays
et 56 000 en Mauritanie.

Le Maroc est toujours sous la menace des criquets. Selon le poste central de coordination de la lutte antiacridienne, de nouvelles incursions sont attendues, au Maroc, au cours des mois de mai et juin. Pour le moment, les responsables tiennent à préciser que la situation est maîtrisée et précisent que les essaims, alors localisés dans le Sud, n’ont eu aucun impact sur les cultures.
Au total, 100 000 hectares ont été traités dans les régions de Dakhla, Laâyoune, Guelmim et Tata qui, depuis le 15 février, connaissent un accroissement des essaims en provenance de la Mauritanie, pays dans lequel les équipes marocaines sont intervenues pour traiter quelque 55 983 hectares sur les 300 000 touchés par le criquet pèlerin.

Des essaims auraient été observés à El Jadida
Des sources officieuses au ministère de l’Agriculture affirment même que des essaims ont été observés le 23 février dans les environs d’El Jadida.
Cela dit, un important dispositif de moyens matériels et humains a été mis en place, depuis le 8 novembre 2003, date de démarrage de la campagne antiacridienne. Basé à Salé et au siège de la Gendarmerie Royale de Boulaâjoul, ce dispositif comprend différents types d’avions (gros-porteurs C103, hélicoptères, avions légers et appareils de prospection) ainsi que des moyens d’intervention terrestre, notamment des véhicules équipés de système de pulvérisation.
Les moyens humains viennent, quant à eux, de divers départements ministériels notamment la Défense nationale, l’Agriculture, l’Intérieur, les Finances, la Santé, les Transports et enfin les Affaires étrangères.
En vue de mener des interventions rapides dans les diverses régions menacées du pays, le Centre national de lutte antiacridienne (CNLAA), créé en 1950, dispose de douze postes de coordination régionaux (PCR) dans les provinces du Sud et de l’Oriental, précisément à Aït Melloul, Guelmim, Laâyoune, Dakhla, Tata, Ouarzazate, Errachidia, Bouarfa, Missour, Oujda, Khénifra et Marrakech. La mission de ces structures est d’organiser des prospections et des campagnes de lutte contre les criquets à travers le pays chaque fois que c’est nécessaire et de développer des programmes de recherches sur les différents aspects de la lutte antiacridienne.
Historiquement, le Maroc a connu cinq incursions de criquets pèlerins. Des invasions qui ont chacune, à l’exception de celle de 1987, duré cinq années (1914-1919, 1927-1934, 1941-1948, 1954-1961).
Pour l’instant le centre n’a pas encore communiqué le coût de l’opération en cours et se contente de souligner que «toutes les campagnes ont nécessité la mobilisation de moyens humains, matériels et financiers considérables»