Le site fabriquera 170 000 unités dans un premier temps et 400 000 plus tard

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a clarifié les intentions sur le site de Melloussa.
Les travaux se déroulent comme prévu mais la montée en puissance se fera plus lentement.

En pareille période d’incertitude, une annonce, telle que celle faite par le patron de Renault, Carlos Ghosn, est de nature à remonter le moral. Ce dernier,  pour couper court à toutes les spéculations ou rumeurs, est venu en personne à Rabat,  lundi 15 juin, pour expliquer les intentions du constructeur sur le site de Melloussa. «J’étais le week-end dernier à Tanger, a-t-il expliqué, j’ai visité le chantier de l’usine Renault ainsi que le nouveau port de Tanger Med. Les travaux de terrassement de l’usine se poursuivent comme prévu et les autorisations d’investissement sont maintenant signées. Les bâtiments seront érigés à partir de septembre prochain afin que les premières productions soient disponibles en janvier 2012, comme convenu».
Le site démarrera avec une ligne d’une capacité de 170 000 véhicules par an avec une extension prévue deux ans plus tard. Sur la base d’un investissement de 800 millions à un milliard d’euros, la capacité de l’usine devrait atteindre à terme 400 000 véhicules par an, dont 80 à 90% devraient être exportés en Afrique, en Asie et en Europe. Le PDG de Renault a, en outre, précisé que «35 personnes travaillent actuellement sur le site et, en janvier 2012, ils seront 4 000. Un chiffre qu’il faut multiplier par six si on inclut les logisticiens, les équipementiers, les transporteurs ; ce qui portera à 24 000 le nombre d’emplois créés».
A la suite de la crise financière, Renault avait décidé de réduire ses investissements, et comme elle tenait beaucoup au projet de Tanger, il a été demandé au gouvernement de trouver des financements alternatifs. «Au cours des derniers mois, nous avons connu une excellente collaboration avec l’ensemble des membres du gouvernement marocain et nous avons apporté une solution à chaque problème qui s’est posé». Et donc non seulement le projet reste à l’ordre du jour, mais il devrait aussi être opérationnel dans les temps. La seule donne qui change selon Ghosn, c’est que «la montée en production de 0 à 400 000 sera plus lente du fait de la crise».
 Jacques Chauvet, patron de la région Euromed du groupe Renault, a affirmé que les priorités immédiates sont axées autour de trois points : la localisation des fournisseurs de rang 1, 2 et 3, la qualité de l’embauche et la mise en place d’une formation sérieuse, avec la construction d’unités de formation spécialisées avec l’aide du gouvernement marocain et d’opérateurs professionnels comme l’AMICA : une sur le site de Melloussa, une autre près de Tanger et une troisième à Casablanca. Quant à Nissan, M. Ghosn a affirmé que son retrait du projet n’est que temporaire, du fait de ses investissements en Inde, et qu’il devrait revenir «aussitôt que la situation se sera redressée».