Le site de la centrale électrique de Safi enfin déterminé

La centrale à  charbon d’une capacité de 1 320 MW sera construite à  proximité du futur port.
L’émirati Taqa a signé avec l’ONE un contrat pour la réalisation des unités 5 et 6 de Jorf Lasfar.

Ce sont, coup sur coup, deux bonnes nouvelles pour la sécurité énergétique du Maroc qui viennent de tomber. D’une part, l’extension de la centrale électrique de Jorf Lasfar par l’opérateur émirati Taqa, comme nous l’annoncions dans nos colonnes il y a plusieurs mois déjà (www.lavieeco.com); d’autre part, et encore plus important, une validation du site de construction de la future centrale de Safi, qui a connu des remous depuis 2007. A la clé, une capacité additionnelle de 2 020 MW, soit près de 40% des capacités actuelles.
Concernant la centrale de Safi, des sources au ministère de l’énergie et des mines confient que le projet de la centrale à charbon est désormais bien lancé. Un responsable au ministère affirme que «le choix du site est validé». Il sera à proximité du nouveau port à construire à Safi, un port qui desservira à la fois la centrale électrique et les usines de l’OCP. «Le site du port est en cours de qualification», confie notre source. D’une capacité de 1 320 MW, la centrale de Safi nécessitera un investissement de 22 milliards de dirhams.  L’extension de la centrale électrique de Jorf Lasfar, elle, est désormais officialisée. Mardi 12 mai, Ali Fassi Fihri, DG de l’ONE, Mohamed Ahmed Bouardi, secrétaire général de l’Emirat d’Abou Dhabi et Mohamed Iraqi Hosseini, DG de la société Jorf Lasfar Energy Company (JLEC/Taqa), ont signé, devant le Souverain à Fès, un accord pour la réalisation de deux unités électriques supplémentaires dans la centrale de Jorf qui en compte déjà quatre. Les unités 5 et 6 à construire auront une puissance de 350 MW chacune et devront entrer en service en 2013. Le coût de l’investissement, à la charge de JLEC/Taqa, est de 10 milliards de dirhams. L’ONE, lui, garantit l’achat de l’électricité produite, comme c’est déjà le cas avec les quatre unités existantes (330 MW chacune) et que Taqa avait rachetées à ABB/CMS, le consortium américano-helvético-suédois. Le contrat de concession est d’une durée de 30 ans.
Ces projets vont évidemment renforcer l’offre d’électricité, aujourd’hui pas toujours en adéquation avec une demande sans cesse en augmentation avec l’achèvement du programme d’électrification rurale global  et la dynamique de développement socio-économique qui génère des besoins en électricité, mettant parfois en difficulté les moyens de production existants. De sorte que la courbe de charge, avant l’arrivée opportune des dernières pluies, était à son plus bas niveau, obligeant l’opérateur historique de l’électricité à recourir aux importations chez les voisins. En attendant, pour de nombreux experts, en dépit de la mise en place de 900 MW supplémentaires en 2009, le retour à une situation de sous-capacité dès 2010 est un risque à ne pas écarter.