Le SIAM a gagné ses galons de rendez-vous incontournable de l’agriculture mondiale

Il a attiré 920 exposants, dont 250 étrangers, et 700 000 visiteurs. Plusieurs innovations dans les domaines du matériel, de la gestion des cultures et des techniques de production ont été présentées.

Le Salon international de l’agriculture de Meknès (SIAM) est définitivement rentré dans l’agenda des professionnels, producteurs et fabricants de matériels et d’intrants, nationaux et étrangers, comme un rendez-vous à ne pas manquer. Pour sa 7e édition qui s’est déroulée du 25 au 29 avril dernier, le SIAM, qui est maintenant qualifié de plus grand Salon agricole d’Afrique, a attiré 920 exposants, dont 250 étrangers provenant de 42 pays, et 700 000 visiteurs. Durant les 5 jours qu’il a duré, les 100 000 m2, dont 70% couverts, n’ont donc pas désempli. La plupart des visiteurs venant de loin retournent chez eux avec une insatisfaction patente due au sentiment de n’avoir presque rien vu en une journée.

Et pour cette édition placée sous le signe de «la recherche et l’innovation», il y avait bien beaucoup à voir. Un visiteur professionnel confirmait, à ce propos, que «la visite du salon montre combien nous sommes en retard dans nos méthodes de production». Il y a quand même des efforts matérialisés par les technologies mises au point par des entreprises locales. Il en est ainsi du système de surveillance des exploitations agricoles et de détection de départ d’incendies conçu par Maroc Télécom, d’ iPhyto, index phytosanitaire gratuit sur mobile proposé gratuitement aux agriculteurs par la société Agri Data et un ensilage à base de sous-produits de cactus et d’arganier pour l’engraissement de bétail développé par la coopérative Agrico-Asdim. Ces innovations sont tout aussi importantes que celles de sociétés étrangères comme American diversified industries venue avec un polymère absorbant (plus de 200 fois son volume) et restituant l’eau et Eaunergie qui a présenté son système solaire de transformation de l’eau de mer ou autre en eau potable. Comme lors des éditions précédentes, la participation étrangère a été très forte. Arrivent en tête de peloton le pavillon français avec plus de 50 stands, l’Espagne avec une quarantaine de participants et l’Allemagne avec une vingtaine de représentants. Etaient aussi présents l’Italie, la Belgique, l’Europe de l’Est avec la Hongrie, la Pologne et la Serbie, l’Argentine, les Etats-Unis, le Canada, la Turquie et plusieurs pays arabes et africains.

La Russie se positionne sur le segment des machines

Une forte délégation canadienne, présidée par le ministre de l’agriculture Gerry Ritz, a fait le déplacement. L’objectif pour le Maroc qui a fait du Canada un invité d’honneur est de se positionner sur un marché où il est peu présent. En effet, les exportations agricoles vers ce pays avec lequel un accord de libre-échange est en négociation restent limitées aux agrumes et conserves végétales qui n’arrivent pas à équilibrer les importations de blé dur et légumineuses canadiens.

Du côté des Russes qui en sont à leur première participation, M Evgueny Korchevoy, directeur de l’association Rosagromach, groupement de 88 fabricants russes de machines agricoles, a expliqué qu’au cours des 10 dernières années la production russe s’est diversifiée et le catalogue comprend plus de 1 000 modèles de toutes sortes de matériel. Et c’est de bonne guerre, «les fabricants russes proposent une qualité meilleure que la Chine ou l’Inde, mais au même niveau de prix», explique M. Korchevoy. Un avis qui n’est pas partagé par les concurrents, à l’instar de Mohammed Toufani, directeur administratif et financier de la marque Foton, qui souligne  que les Chinois sont capables de fournir des produits de qualité avec des prix compétitifs depuis le bas jusqu’au haut de gamme. Il est normal que tous les constructeurs et importateurs de matériels soient aux aguets parce que 20 à 30% du chiffre d’affaires sont maintenant réalisés durant le salon
Outre le matériel, l’élevage, un des 9 pôles qui constituaient le salon, a aussi attiré du monde. Habitué des foires à l’étranger, Mustapha El Khouli, agriculteur-éleveur membre de l’Association nationale des producteurs de viandes rouges (ANPVR) a vu son vœu de voir le SIAM attirer ne serait-ce qu’une petite partie de ce qu’il voit dans les manifestations à l’étranger exaucé. Il faut dire que, même si le nombre de bêtes présentées est pratiquement le même, les éleveurs ont évolué. Au début l’essentiel était de trouver des animaux à présenter, mais aujourd’hui la sélection est très sévère et seuls les animaux de qualité répondant, entre autres, à des critères sanitaires sévères et de traçabilité sont présentés.

Pour les producteurs comme pour les fournisseurs de matériels et intrants, le SIAM est maintenant incontournable en tant que vitrine pour ce qui se fait de meilleur dans le mode agricole.