Le segment des micro-citadines étouffé par la baisse des droits de douane

Les clients, principalement les loueurs de voitures, optent de plus en plus pour les citadines devenues moins chères. La Hyundai i10 continue de dominer, le nouveau modèle de la Picanto n’a pas eu le succès escompté. La Fiat 500 séduit toujours malgré un positionnement moins économique que ses concurrentes.

Contre toute attente et malgré un marché très demandeur, le segment des micro-citadines n’a pas connu de véritable essor en 2012 à l’instar de ce qui s’est passé par exemple pour les 4×4 (+32,83%) ou pour les citadines (+18,15 %). C’est tout juste s’il s’est vendu deux véhicules de plus que l’année dernière par rapport à 2011 : 7 819 contre 7 817, d’après les chiffres de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Pourtant, la micro-citadine a des atouts à faire valoir, surtout en milieu urbain ou sa maniabilité et sa facilité à garer en font un compagnon idéal. Certaines micro-citadines sont même à l’aise hors des cités et restent pour la grande majorité des véhicules peu coûteux à la consommation et à l’entretien. Qu’est-ce qui expliquerait alors cette stagnation ?  A en croire les professionnels du secteur, on assisterait à une cannibalisation de ce segment par celui situé juste au-dessus, celui des citadines, sous l’effet d’un repli des prix induit par la baisse des droits de douane. Selon Adil Bennani, DG de Toyota Maroc, «le segment des micro-citadines s’adresse entre autres à une catégorie de clientèle, notamment les loueurs de voitures qui, faute de pouvoir accéder à des véhicules plus grands, se rabattent sur ce segment pour des questions de budget». Il est donc tout à fait normal qu’une fois la baisse de prix opérée, ces mêmes utilisateurs optent pour des citadines, limitant ainsi la demande sur le marché des micro-citadines.

La Renault Twingo et la Citroën C1 ont du mal à se faire une place

Toutefois, certains modèles réussissent à tirer leur épingle du jeu et c’est sans surprise que la Hyundai i10 se hisse en haut du podium avec 2 920 véhicules vendus en 2012, réalisant ainsi une hausse de plus de 35% en comparaison avec 2011. Tout de suite après, mais en perte de vitesse, arrive la Picanto avec 2 270 véhicules écoulés en 2012.

Le constructeur coréen enregistre là une chute de 18,72% et confirme les difficultés de son nouveau modèle sur le marché marocain. Suzuki vient en troisième position avec la Celerio (601 véhicules vendus) et l’Aygo de Toyota en quatrième position (350 véhicules).

Dans un positionnement moins économique, la Fiat 500 est un autre succès commercial malgré des prix du neuf élevés. Dotée d’un design réussi, elle se vend très bien. Si bien qu’elle a notamment permis au constructeur italien de résister à la crise mieux que beaucoup d’autres constructeurs automobiles. En 2012, il s’en est écoulé 298 véhicules, la plaçant comme la cinquième micro-citadine la plus vendue au Maroc. La version la plus demandée est la 1.2L 69 en motorisation essence commercialisée à partir de 159 000 DH. En fin de classement, on trouve la Suzuki Alto (164 véhicules), la Renault Twingo (145 véhicules) et la Citroën C1 avec à peine 124 véhicules vendus en 2012.
Pour 2013, rien n’est encore joué. Il faudra attendre la fin du premier trimestre et même le milieu du deuxième pour avoir une idée sur les grandes tendances du marché.