Le secteur du crédit à  la consommation broie du noir

Les crédits auto ont accusé une nette baisse par rapport à  2008. Les professionnels tablent sur -10% à  fin 2009.
L’explosion des importations de véhicules d’occasion a eu des effets négatifs.
Dans les prêts personnels, les sociétés sont plus vigilantes dans le montage des dossiers.

Rentrée sur fond de déception pour les sociétés de crédit à la consommation. Ces derniers, en effet, fondaient de grands espoirs sur la rentrée scolaire couplée avec le mois de Ramadan, deux périodes connues pour être propices au crédit. Mais à en croire les professionnels, la relance de l’activité n’a pas été au rendez-vous.
Les sociétés de financement signalent ainsi la baisse des crédits non affectés. Amine Bouabid, DG de Salafin, explique à cet égard que la crise «qui touche plusieurs secteurs tels que le textile, le tourisme et les centres d’appels oblige les sociétés de financement à se montrer plus rigoureuses quant à l’attribution des crédits». Un avis largement partagé par les sociétés de financement sondées. «En ces temps de crise et de pertes d’emploi, nous sommes obligés de relever les critères de solvabilité pour accorder le financement si nous ne voulons pas augmenter nos créances en souffrance», confirme le responsable d’une société de financement de la place. Même les ventes d’électroménager, traditionnellement élevées en cette période, à côté de celle de Aïd Al Adha, n’ont pas vraiment poussé la demande. Il faut dire que les achats d’équipement ont, eux aussi, reculé, entraînant une contraction du volume des prêts.

Les campagnes promotionnelles n’ont pas attiré les clients
Mais c’est incontestablement dans le crédit auto que le ralentissement est le plus ressenti. «La baisse d’activité est flagrante depuis le début de l’été. Nous pensons qu’elle dépassera les 10% sur toute l’année par rapport à 2008», prévoit M. Bouabid.
Selon lui, ce retour en arrière s’explique d’abord par l’augmentation significative des importations des voitures d’occasion (34 000 unités importées à fin août dernier). De façon concomitante, les ventes de voitures neuves importées montées ont chuté de 14%.
«Le retour en force de la voiture d’occasion est très mauvais pour l’économie marocaine qui redevient le cimetière des marchés européens», proteste M.Bouabid. En fait, le recul du marché du neuf de l’automobile se répercute de manière mécanique sur l’activité de crédit. M.Bouabid estime que la reprise de la demande n’aura pas lieu avant 2010.
Même constat du côté de Wafasalaf, leader du marché, qui n’a pas hésité à lancer une promotion en plein été pour développer son activité crédit auto. Cette initiative prouve que la situation est  difficile. En effet, «les promotions sont rarement lancées dans les périodes fastes, car l’été a toujours été une haute saison pour les ventes des voitures», confie une source à Wafasalaf. «La baisse d’activité a même poussé des sociétés de financement à baisser leur taux pour rivaliser avec la Société nationale de transport et de logistique qui propose également des crédits auto [ex-crédit ONT] aux fonctionnaires», fait remarquer le responsable commercial d’un grand concessionnaire à Rabat.