Le riz en provenance d’Egypte soumis à  une taxe additionnelle de 2,57 DH le kilo

Cette décision fixée par un arrêté du ministère des finances est motivée par le souci de protéger
la production locale n Les importateurs estiment le surcoût sur les contrats en cours à  7,7 MDH.

Mauvaise nouvelle pour les importateurs de riz égyptien. Conformément à  un arrêté du ministre de l’économie et des finances, en cours de publication au Bulletin officiel, les marchandises en provenance d’Egypte seront assujetties à  une taxe additionnelle de 2,30 DH/kg. En y ajoutant la TVA de 10%, le montant à  payer atteint les 2,57 DH par kilogramme.
C’en était trop pour les producteurs locaux – ils ont apprécié la décision – qui ont vu, depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’Agadir (libre-échange entre le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie), les importations de riz égyptien s’accroà®tre considérablement.
En effet, entre juillet 2006, date d’entrée en vigueur de l’accord, et juin 2007, les quantités en provenance d’Egypte ont atteint 1 458 tonnes, soit une hausse de 1333% par rapport à  juillet 2005-juin 2006. Cette quantité représente 18% de la production nationale arrêtée à  septembre 2007. Les producteurs estiment que ces importations ont négativement influé sur leur activité car le riz égyptien, vendu aux alentours de 7 DH le kilo – contre 10 pour le local -, dispose d’un atout de taille.

Les importateurs pour une suspension de la mesure
Faux, rétorquent les importateurs qui soutiennent que le riz égyptien rond, semi blanchi ou blanchi, n’est en aucun cas un concurrent du riz long marocain, de bien meilleure qualité. En outre, ils estiment que, comparées à  celles de la contrebande, les quantités introduites sont insignifiantes. En effet, la consommation nationale est estimée à  50 000 tonnes par an. Si on additionne le riz local et importé d’Egypte, on couvre à  peine le cinquième des besoins. Le reste provient «frauduleusement d’Espagne et d’Algérie», fait-on remarquer. C’est que, soulignent les mêmes sources, «les droits d’entrée appliqués sur ce produit sont très élevés, à  210%», contre seulement 10 % (montant de la TVA) sur les produits des pays signataires de l’accord d’Agadir. Tous disent être surpris par cette taxe.
Depuis le 17 janvier, ce sont 3 000 tonnes (déjà  en route pour le Maroc o๠faisant l’objet de contrats signés et confirmés par des acomptes réglés en devises) qui sont concernées par l’application de la taxe additionnelle qui représente au total 7,7 MDH. Une somme que les importateurs assurent ne pas pouvoir payer. Lundi 21 janvier, ils ont été reçus au cabinet du ministre du commerce extérieur. Ils demandent la suspension de l’application de cette nouvelle taxe le temps que ces cargaisons en route entrent au Maroc.