Le Ramed ne sera pas généralisé en 2009 comme prévu

Avant de passer à  l’étape suivante, une étude d’évaluation de l’expérience pilote de Tadla-Azilal sera lancée en septembre n Les experts évalueront les critères de sélection et les moyens humains et matériels.
5700 cartes actuellement distribuées, dont 93% à  Béni-Mellal.

La généralisation du Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed) n’aura pas lieu en octobre 2009, comme il était initialement prévu. Et pour cause, l’expérience pilote lancée officiellement en novembre 2008 dans la province de Tadla-Azilal devra faire l’objet d’une évaluation avant son extension aux autres régions du Royaume. Le comité interministériel chargé du suivi du Ramed chargera un cabinet d’expertise étranger sélectionné suite à un appel international de réaliser une étude. D’une durée de deux à trois mois, estime-t-on, ce travail, qui doit commencer en septembre prochain, permettra d’évaluer l’expérience pilote en vue de recommander, éventuellement, des correctifs à apporter.
Selon des sources proches du dossier, les aspects évalués dans le cadre de cette étude sont les critères de sélection et d’identification de la population éligible au Ramed ainsi que les moyens matériels et humains nécessaires à la généralisation du système de couverture médicale à l’ensemble du pays. Par ailleurs, les experts devront aussi dire si la généralisation se fera de façon progressive ou pas.
Tout cela pousse à constater que les populations démunies des autres régions du pays devront attendre (combien de temps encore?) pour bénéficier de l’assistance médicale, du fait que les conclusions  de l’étude ne pourront pas être rendues avant décembre.
Par ailleurs, le calendrier de l’évaluation de l’expérience pilote ne manquera pas de décevoir le patronat qui avait préconisé, préalablement à l’extension de l’
Amo aux soins ambulatoires prévue pour octobre prochain, la généralisation du Ramed, dans le souci d’éviter le détournement de l’assurance maladie, prévue pour les salariés, au profit des économiquement démunis, ce qui risque d’avoir un impact sur sa pérennité. Contactés par nos soins, certains patrons, notamment des assureurs, qui, rappelons-le, demandent un report de l’extension de l’Amo (cf www.lavieeco.com), se disent conscients que «la décision finale revient aux pouvoirs publics, mais ils doivent prendre les mesures nécessaires pour préserver l’équilibre du régime de la couverture médicale et éviter d’éventuels dérapages pouvant compromettre l’Amo».

450 000 démunis identifiés à Tadla-Azilal
Répondant à cela, les pouvoirs publics soulignent qu’«il n’y a jamais eu de date butoir pour la généralisation du Ramed et cette opération prendra le temps qu’il faudra et se fera selon la procédure retenue par le comité interministériel chargé du suivi».
Cette nouvelle est très mal accueillie dans le milieu syndical qui était déjà, il faut le rappeler, contre un démarrage progressif. «A ce rythme, nous pensons que l’entrée du Ramed s’étalera sur plusieurs années alors qu’il s’agit d’une urgence !» , déplorent les représentants de plusieurs syndicats, joints au téléphone par La Vie éco, qui tiennent à préciser que la démarche adoptée par les pouvoirs publics ne fait que défavoriser une tranche de la population marocaine par rapport à une autre. Aujourd’hui, 30 000 personnes démunies bénéficient du Ramed dans la région de Tadla-Azilal où 450 000 démunis ont été identifiés depuis le démarrage de l’expérience pilote. On retiendra également, d’après les dernières statistiques du ministère de la santé, que 5 699 cartes ont été distribuées (400 à 500 cartes par semaine), dont 5 296 à Béni-Mellal. Le premier bilan dans la région révèle que 2 984 patients ont déjà bénéficié des soins dans les différents hôpitaux de la région. C’est l’hôpital de Béni-Mellal qui a accueilli le plus grand nombre de patients avec 1 859 personnes contre 458 à Azilal, 288 à Fquih Bensalah et 379 à Kasba-Tadla.
Cette assistance médicale a nécessité, selon les statistiques du ministère de la santé, une enveloppe de 2,6 MDH. On rappellera qu’un budget de 18 MDH est alloué au lancement pilote du Ramed dans cette région où le ministère de la santé a également renforcé les moyens et les infrastructures sanitaires. La région doit en effet réaménager le centre de formation des carrières de santé et mettre en place deux centres de dialyse grâce à un investissement de 10 MDH. Le ministère a également affecté 70 professionnels dans la région.
Rappelons qu’au niveau national, la population concernée par le Ramed s’élève, selon les dernières estimations à 10 millions de personnes. Elle devrait bénéficier d’une prise en charge à hauteur de 90% des soins, chirurgie et hospitalisation au sein du système de santé publique.