Le projet de tunnel sous le Tizi-n’Tichka refait surface

Long de 10 km, il réduira le trajet Marrakech-Ouarzazate de 25 km

L’investissement, sur la base d’études réalisées depuis 1996, est estimé à 2 milliards de DH.

Un tunnel dans le massif du Haut-Atlas, pour contourner l’écueil que constitue le col du Tizi-n’Tichka (2 900 m d’altitude) ? L’idée ne date pas d’aujourd’hui et refait surface régulièrement, sans que le projet se soit réalisé. Déjà, du temps du Protectorat, en 1945, une percée de quelques dizaines de mètres avait été réalisée pour transporter le minerai, mais, rapidement, sans doute pour des raisons de coût, on a opté pour un périphérique. Depuis, la ville de Ouarzazate est plus facilement accessible par le sud, à travers la RN (route nationale) 10 qui la relie à Errachidia et Agadir, que par le Nord. En effet, à partir de Marrakech, la route présente un aspect très sinueux et accidenté sur un parcours en montagne de près de 150 km. Cette route, qui donne le vertige, est souvent coupée l’hiver en raison de chutes de neige, d’orages et d’éboulements de terrain. D’où l’idée de percer un tunnel de 10 kilomètres entre les localités d’Asgaour (versant nord) et Taghadirt (versant sud).
Où en est-on aujourd’hui de ce projet ? Une note datant de janvier 2005, rédigée par la direction des Routes et de la circulation routière à l’attention de Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et du transport, montre que le projet suit toujours son chemin. Le même bureau BET Maroc, allié à un bureau français, Setec TPI, est en train d’exécuter d’autres études, dont le coût est estimé à 3 MDH, dans le cadre d’un marché attribué en 2001.

1 milliard de DH rien que pour le corps du tunnel
Ce marché comprend plusieurs missions, qui consistent à affiner divers volets d’une étude précédente, réalisée entre 1996 et 1998, et particulièrement les aspects géotechniques et géophysiques du sol, l’avant-projet du tracé…
En effet, l’étude de faisabilité technique et économique, lancée en 1996, qui avait été réalisée par le cabinet BET Maroc, a permis d’avoir une idée précise sur le coût de construction du tunnel et de ses liaisons sud, vers Ouarzazate, et nord, vers Marrakech, soit au total 176 kilomètres, comprenant la construction d’un nouveau tronçon routier de 12 kilomètres, les 10 km de tunnel, et le réaménagement des routes existantes. Le coût du projet fut ainsi estimé à 2,04 milliards de DH TTC, dont 1,115 milliard pour le seul corps du tunnel, 240 millions pour les équipements de sécurité, notamment deux usines de ventilation à chaque bout du tunnel, les issues de secours et autres équipements, 125 millions pour les aménagements des accès routiers (tronçon, ponts d’accès, aménagement de routes).
L’étude a conclu, en retenant les hypothèses d’exploitation les plus basses, à un taux de rentabilité compris entre 7 % et 9 %, selon que l’utilisation du tunnel soit soumise ou non à un droit de péage et que l’exploitation soit concédée ou non. A cet égard, l’étude de 1996 donnait une estimation du trafic routier à l’horizon 2000 et 2010, sachant, par ailleurs, que le trajet Marrakech-Ouarzazate sera réduit de 25 kilomètres et que le gain en temps est estimé à plus de 40 minutes pour les véhicules légers et une heure pour les véhicules poids lourd.
A quand la concrétisation ? Pour l’instant, si le dossier semble avoir été réactivé, nul n’a été en mesure de nous parler de la date du premier coup de pioche .