Le projet de lutte contre la désertification dans l’Oriental est réalisé à  hauteur de 70%

Il couvre 11 communes dans les provinces de Figuig, Jrada et Taourirt, soit 28 000 km2 et 61 000 personnes. L’enveloppe de 202 MDH dédiée au projet est engagée à  80%. Plantations pastorales et récupération maximale de l’eau de pluie permettent aux populations de mieux gérer leur outil de production.

Loin de ne concerner que le Sud du Maroc, la désertification est une problématique qui touche également la région de l’Oriental, affectant l’économie locale et bien sûr les populations sur place.

C’est dans le cadre de sa mission de participation à l’amélioration des conditions de vie dans les pays où elle est présente que l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) se penche depuis 2009, et jusqu’en 2015, sur cette question à travers le projet de «lutte contre la désertification et la réduction de la pauvreté dans les écosystèmes arides et semi-arides des hauts plateaux de l’Oriental du Maroc».

Mis en œuvre en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime et l’Agence de développement des provinces de l’Oriental (ADPO), le projet bénéficie d’une enveloppe de près de 25 millions de dollars, soit 202 MDH, dont 8 millions de dollars proviennent du HCEFLCD, 6 millions du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), 5,17 du FIDA et 3,24 du gouvernement marocain.

11 communes, dans les provinces de Figuig, Jrada et Taourirt, soit 38 000 km2 et 61 000 personnes, sont concernées par ce projet. Concrètement, les objectifs de ce dernier est de sensibiliser les exploitants des terres, à 70% gérées collectivement par les tribus et les communautés locales, aux principes de gestion durable, de renforcer leurs capacités, de généraliser ces pratiques durables pour les écosystèmes de parcours et, au final, d’améliorer les conditions de vie des populations locales. «Actuellement, à plus d’une année de sa clôture, le projet a achevé 70% des réalisations physiques et il est à 80% des engagements financiers avec 19 millions de dollars débloqués», résume Jaime Moll de Alba, représentant de l’ONUDI au Maroc.

Six activités génératrices de revenus sont nées du projet

Plusieurs méthodes ont été employées. C’est ainsi que 1 800 ha de clôture ont été posés pour protéger les réserves semencières. Pour améliorer les parcours pastoraux, une centaine de variétés de plantes pastorales, comme l’Atriplex numelaria, la Medicago arborea ou la Legium spartum, a été plantée sur plus de 12 000 ha.

Plus de 8500 ha de travaux de collecte des eaux pluviales et plus de 80 micro-barrages ont été réalisés grâce au système breveté Vallerani. Grâce à une charrue, un système de micro-bassins et de sacs enterrés est créé pour recueillir au maximum l’eau de pluie.

En outre, un important volet «Formation» a été appliqué avec notamment plus de 30 réunions et ateliers de sensibilisation et plus de 200 cadres issus des différentes entités administratives du projet formés à la gestion durable des terres. Plus de 30 licences professionnelles en gestion durable des terres ont été délivrées, permettant de former un groupe de diplômés spécialisés en techniques de gestion durable des terres.

L’un des derniers résultats notables de ce projet, et pas des moindres, est la création de 6 activités génératrices de revenus (AGR). Apiculture, aviculture, cuniculture (élevage de lapins domestiques), chèvres et truffes permettent aujourd’hui à plus de 130 personnes d’avoir un travail.

L’écotourisme fait également l’objet d’une promotion active avec par exemple le développement d’un circuit éco-touristique, la préparation de topoguides et l’équipement des coopératives en moyens matériels pour le développement de l’activité de l’éco-tourisme. «L’approche participative de ce programme a demandé de gros efforts de concertation et de coordination au niveau local avec les coopératives, par exemple, en matière de choix participatif des sites de réalisation des actions physiques. Cela constitue la base pour assurer la pérennité et l’appropriation de ce type d’initiative conjointe», indique M. Moll de Alba.

Avec le projet, «les usagers locaux et les coopératives sont mobilisés en tant que principaux agents pour l’utilisation durable des parcours, y compris la lutte contre la désertification. Ils ont été sensibilisés pour incorporer les principes de gestion durable des terres à leurs principaux programmes et initiatives locales».

D’ici à la clôture du projet, le matériel sera alors transmis au HCEFLCD. L’idée est de créer une union de coopératives qui gérerait ainsi le matériel. Trois unions de coopératives y réfléchissent déjà. «Au niveau local, il y a une forte demande pour le système Vallerani car les populations ont constaté les résultats», conclut M. Moll de Alba.