Le processus de révision du contrat de Lydec en bonne voie

Actualisation des besoins en investissement, adoption d’un nouveau règlement des marchés et validation de l’outil de modélisation économique sont les trois mécanismes déjà réglés. Le délégataire est prêt à récupérer les services proposés par l’ONEE dans les communes périphériques et rurales. Il a investi 20 milliards de DH durant la période 1997-2016.

Quelque 17,25 milliards de DH. Tel est le montant estimé des besoins en investissements de Lydec pour la période 2017-2027 dans la distribution de l’eau potable et de l’électricité ainsi que l’assainissement liquide et l’éclairage public. Cette actualisation des besoins en investissement est une des premières étapes franchies dans le processus de révision du contrat de gestion déléguée d’une durée de 30 ans liant Lydec et l’autorité délégante composée des Communes urbaines de Casablanca, Mohammédia et Ain Harrouda. Le point sur l’état d’avancement de cette 2e révision -qui fait suite à une première révision réalisée en 2009- ainsi que sur les réalisations et les chantiers de la filiale marocaine de Suez environnement ont été présentés par son top management à l’occasion de la 14e édition du séminaire de Lydec avec les médias. «L’enjeu est d’adapter le contrat aux évolutions du contexte et de le préparer aux challenges futurs, à savoir la croissance urbaine, l’évolution du comportement des consommateurs et l’évolution de la réglementation, notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables», explique Oussama Boualam, le numéro 2 de la direction de la gestion du contrat à Lydec.

Le processus de la révision du contrat de gestion déléguée paraît lent, mais avance à grands pas, à en croire les dirigeants de Lydec. Pour rappel, la 2e révision a été validée en 2013 et implique plusieurs intervenants, à l’instar du comité de suivi de la gestion déléguée rassemblant Lydec, l’autorité délégante et l’autorité de tutelle représentée par le ministère de l’intérieur, ainsi que le comité de pilotage de la révision et pas moins de quatre groupes mixtes de travail.

Toujours dans le cadre de la révision du contrat, le deuxième mécanisme concrétisé est l’adoption d’un nouveau règlement des marchés. «Il sera mis en œuvre progressivement à partir de ce mois de mai. Il est inspiré du nouveau code des marchés publics», détaille Oussama Boualam. Enfin, le troisième porte sur l’outil de modélisation économique sur la base duquel seront injectées les hypothèses pour la période 2017-2027.

En plus de la révision, la deuxième question importante dans le dossier de la gestion déléguée dans la capitale économique a trait à l’harmonisation des services sur tout le territoire de l’ancienne wilaya du Grand Casablanca. Dans ce sens, Lydec se dit prête à récupérer les services proposés par l’ONEE dans les communes périphériques et rurales (Tit Mellil, Dar Bouazza, Bouskoura, Nouaceur…), conformément à la convention-cadre signée en septembre 2014 entre les deux entités. «C’est du coté de l’ONEE donc qu’il faut chercher la cause du retard de ce chantier», estiment certains cadres de Lydec qui se sont exprimés sous le sceau de l’anonymat. Selon eux, ce sont les syndicats et le personnel de cet office qui craignent de perdre leurs avantages sociaux en intégrant Lydec.

L’assainissement liquide est érigé en priorité dans le programme d’investissement

L’événement annuel de Lydec avec les médias a été également l’occasion de faire le point sur les investissements cumulés depuis l’établissement du contrat en 1997 ainsi que sur ceux prévus pour l’année 2017. Ainsi, les investissements cumulés de la gestion déléguée entre 1997 et 2016 se sont établis à plus de 20 milliards de DH. C’est l’assainissement liquide qui est érigé en priorité dans le programme d’investissement, puisqu’il  accapare 45% des investissements réalisés. Le reste est affecté aux autres métiers de l’entreprise, à savoir l’eau potable (23%), l’électricité et l’éclairage public (27%) et les moyens communs (5%).

En 2016, environ 1,43 milliard de DH a été investi, dont 631 MDH pour l’assainissement liquide, 390 millions pour l’eau potable, 373 millions pour l’électricité et l’éclairage public et 32 millions pour les moyens communs.

Pour l’année 2017, plus d’un milliard de DH seront investis, dont 447 MDH pour l’assainissement, 366 millions pour l’eau potable, 219 millions pour l’électricité et l’éclairage public et 35 millions pour les moyens communs. Beaucoup de projets concernent l’assainissement et le raccordement en eau et en électricité de nouveaux projets immobiliers dans les zones périphériques comme Sidi Hajjaj et Mejjatia. D’autres projets dans le volet assainissement concerneront la sécurisation de plusieurs points d’inondations à Mohammédia et la construction d’un bassin orage pour assainir la zone de Sidi Moumen.

Dans le volet RSE, l’année 2016 a été également marquée par l’obtention du label RSE de la CGEM en février 2016, la réalisation d’un bilan carbone et le déploiement d’engagements climats en juin de la même année.

Lydec emploie 3 500 collaborateurs et dessert plus de 2,2 millions de clients en eau et électricité. En 2016, l’entreprise a engrangé un chiffre d’affaires de 7,1 milliards de DH et un bénéfice net de 160 MDH. Dans le métier de l’eau potable, le délégataire dispose d’un réseau de 5 950 km, de 31 réservoirs et de 28 stations de pompage. Dans l’assainissement liquide, il gère 5 592 km de réseau, 118 stations de pompage et 102 bassins d’orage. L’équipement électrique est constitué, entre autres, de 10 postes sources, 3 370 postes de distribution publique, 1 740 postes clients, 2 480 km de câbles MT et 6 184 km de câbles BT. Enfin, dans le quatrième métier qu’est l’éclairage public, l’infrastructure est constituée de 145 333 points lumineux et de 4 669 km de réseau.