Le prix du chocolat augmentera de 5 à  6%

La crise en Côte d’Ivoire, la forte demande asiatique et la spéculation empêchent tout reflux à  court terme des prix du cacao.

Après le café, c’est au tour du chocolat de voir son prix augmenter en ce début de 2011. Les fabricants de chocolat s’apprêtent en effet à annoncer une hausse de 5 à 6% du prix du kilo qui se situe actuellement entre 30 et 500 DH, selon la qualité. Et ils ne s’arrêteront pas à ce niveau puisque selon la Fédération nationale des industries agroalimentaires (FENAGRI), d’autres augmentations auront lieu dans les mois à venir.
Cette décision est la conséquence de la flambée des cours du cacao qui a connu, depuis début 2010, des hausses allant de 30 à 40%, selon les estimations des professionnels.
En ce début d’année, la tonne de cacao se négocie à 3 035 dollars, après une appréciation de 4,47% en décembre 2010 par rapport au mois précédent. Principale cause de cette flambée : les troubles que connaît actuellement la Côte d’Ivoire. Ce pays se trouve être, en effet, le premier producteur et exportateur mondial de cacao avec une part de marché de plus de 40%. Selon les professionnels, la tendance n’est pas près de s’inverser, d’autant plus que la demande asiatique, indienne et chinoise en particulier, va crescendo. Ces deux facteurs incitent les spéculateurs à miser sur la hausse.

Les biscuitiers n’ont encore rien décidé

Le beurre de cacao, la liqueur et la poudre de cacao ont également connu des hausses de prix en 2010. Sur les trois dernières années, celui de la poudre, très utilisée par les chocolatiers, les biscuitiers et les fabricants de glace, il est passé de 8 à 45 DH HT le kilo. Si les chocolatiers se sont résolus à répercuter la hausse sur le consommateur, les biscuitiers n’ont en revanche rien décidé jusqu’à présent. «Au Maroc, il y a une barrière psychologique, soit un dirham, que le prix du paquet ne doit pas dépasser… Du coup, les biscuitiers joueront probablement sur le grammage du paquet plutôt que sur son prix. Et ceci même si leurs marges en souffriront», explique le patron d’une biscuiterie de la place. Il tient quand même à préciser que les fabricants de biscuits secs sont beaucoup moins touchés que ceux qui produisent également des pâtisseries enrobées de chocolat.