Le poulpe se fait rare, le ministère décide de prolonger la campagne d’un mois

En deux mois et demi d’activité, le quota de 10 000 tonnes n’est toujours pas atteint

Pour le ministère, la prorogation ne présente aucune menace sur la ressource.

Le stock de poulpe dans les eaux marocaines est-il en danger ? La question préoccupe l’esprit des professionnels. L’inquiétude est due au fait que le quota de 10 000 tonnes que doivent se partager les pêcheries hauturières, côtières et artisanales, respectivement à hauteur de 63%, 11% et 26%, n’est pas atteint. Deux mois et demi après le début de la campagne ouverte le 15 juin, seules les barques artisanales ont réussi à capturer les 2 600 tonnes qui leur sont imparties. Ce faisant, alors que l’on s’attendait à ce que la campagne s’achève début septembre, Mohand Laenser, ministre de l’agriculture et des pêches maritimes, a annoncé une augmentation de 23% du quota, soit 2 300 tonnes, pour les bateaux pêchant au sud du cap de Boujdour.

La décision est diversement accueillie par les professionnels, mais tous s’interrogent sur la capacité de la ressource disponible à supporter cet effort de pêche. Le poulpe est en effet quasi introuvable. «Cette situation est confirmée par les déclarations hebdomadaires envoyées au ministère par les navires, par l’arrêt au port d’Agadir des navires de moins de 1000 CV depuis plus d’un mois ainsi que par le retour massif des navires au port de Tan Tan», explique Abderrahmane El Yazidi, secrétaire général du Syndicat national des officiers de la pêche hauturière. Dans certaines zones, les armateurs affirment trouver surtout du poulpe juvénile, interdit de capture, et très peu d’adulte.

Situation maîtrisée, selon le ministère
Selon le secrétaire général du ministère, Mohamed Tarmidi, la décision soulève un tollé inutile. «Elle est prise en connaissance de cause. Des professionnels qui n’arrivaient pas à atteindre leur quota individuel ont demandé un mois de pêche supplémentaire. D’autres qui l’ont atteint ont demandé aussi une rallonge», explique-t-il.

Et d’ajouter que la décision a été prise en concertation avec l’Institut national de recherches halieutiques (INRH). Le SG écarte tout risque ou menace sur la ressource et rappelle que, depuis la crise de 2001-2002, le stock de poulpe est toujours en reconstitution. «Nous n’avons pas encore atteint les niveaux d’avant la crise. Ce qui nous pousse à des précautions supplémentaires. Quand l’INRH autorise un quota précis, nous l’abaissons au maximum pour éviter tout risque», fait-il remarquer.

En tout cas, avec les péripéties que connaît le secteur depuis quelques années, le prochain ministre des pêches aura fort à faire et sera certainement très attendu par les professionnels.