Le plan pélagique finalisé, les appels d’offres dans un mois

Des réunions thématiques sont tenues au ministère pour arrêter des modèles de cahiers des charges.
Cinq filières ont été retenues pour 530 000 tonnes à attribuer.

Les équipes de Mohand Laenser semblent décidées à faire aboutir le plan d’aménagement de la pêcherie pélagique, projet que le ministre de l’agriculture et des pêches maritimes veut mettre à son actif au titre de sa gestion du secteur de la pêche. Selon des sources impliquées dans le projet, les dix prochains jours seront rythmés par des rencontres thématiques qui regrouperont en plus des responsables du ministère, ceux de l’ONP (Office national des pêches) et de l’INRH (Institut national de recherche halieutique). Objectif : arrêter dans les plus brefs délais des modèles de cahiers des charges. Cinq modèles devront être élaborés pour les filières «nouveaux projets intégrés», «appoint aux industries existantes», «consommation locale», «congélation à bord» et «farine à haute valeur protéinique». Le deadline pour le lancement du premier appel d’offres est fixé au 15 octobre prochain, et les noms des premiers bénéficiaires ne devraient être dévoilés que le 15 décembre 2006, soit deux mois après le lancement des appels d’offres.

Plus d’un milliard de DH de manque à gagner
L’enjeu principal de ce plan d’aménagement concerne le stock «C», situé au sud de Boujdour. Le quota total fixé par le ministère est d’un million de tonnes réparties entre les différentes filières (conserve, consommation, congélation, farine). Cependant, la clé de répartition adoptée par le ministère est loin de satisfaire tous les acteurs. Ainsi, la majorité des armateurs côtiers et industriels n’ont cessé de dénoncer depuis la première présentation du plan, en octobre 2005, le quota alloué à la congélation en mer. Selon eux, ce poisson, une fois fourni à des industriels étrangers, livre une concurrence directe aux industries locales. Rappelons que l’enjeu ne portera que sur 530 000 tonnes du stock «C» puisque le différentiel, soit 470 000 t, a déjà été affecté. En effet, les deux accords de pêche avec l’Union européenne et la Russie prévoient des quotas de 60 000 et 120 000 t respectivement. A cela s’ajoutent des quotas alloués aux unités de congélation de Dakhla (200 000 t) et de Laâyoune (90 000 t).

Dans tous les cas, l’hésitation n’est plus permise. Car, en plus du temps perdu, environ un an depuis la première présentation du plan, le secteur a également perdu beaucoup d’argent. Les professionnels estiment le man-que à gagner dû à ce désaccord à près de 1,125 milliard de DH.