Le PIB nouveau est arrivé, le taux de croissance s’améliore

Le Haut commissariat au plan a calculé le nouveau PIB pour 2005, après ceux de 1998 à 2004

Les activités hors agriculture progressent plus substantiellement qu’on
ne le croyait

La contribution de certains secteurs revue à la hausse,
comme les assurances, la production de logiciels et le secteur minier.

La mise à niveau des comptes nationaux sur une nouvelle année de base, celle de 1998, conformément au système de comptabilité nationale (SCN) des Nations Unies de 1993, se poursuit. Après les exercices 1998-2004, le Haut commissariat au Plan (HCP) vient de livrer les résultats des nouveaux comptes nationaux pour 2005(*). Ceux-ci montrent que la croissance économique a enregistré un taux de 2,4 %, au lieu de 1,7 % selon l’ancien système, qui remonte à… 1968 avec comme année de référence 1980.

Cette croissance, explique le HCP, résulte tout à la fois de l’augmentation de 5,5 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des activités hors agriculture, de la hausse de 1,2 % des impôts nets des subventions sur les produits, alors que la valeur ajoutée agricole, elle, a baissé de près de 14 %.

Il est intéressant de noter ici que même dans une situation où le secteur agricole a reculé de manière significative les autres activités ont pu malgré tout compenser quelque peu cette contre-performance, en faisant progresser le PIB de 2,5 % ; ce qui est certes insuffisant, mais mieux que 1,7%, sachant que le 0,7 point de PIB supplémentaire représente tout de même 3,6 milliards de dirhams.
C’est là justement le mérite du nouveau système qui, contrairement à celui de 1968, «fournit une structure comptable plus explicite et plus complète, à travers un ensemble cohérent, complet et intégré des comptes de flux et de patrimoine», explique Mostapha Afkir, directeur de la comptabilité nationale. Plus clairement, ce nouveau SCN a apporté de nombreuses modifications et innovations de fond touchant les concepts, les définitions, les modes de classification, le système de valorisation, de sorte que le cadre ainsi constitué fournit «un état exhaustif et détaillé des activités économiques et des interactions qui s’opèrent entre les différents agents et groupes d’agents économiques».

La réalité économique cernée au plus près
A titre d’exemple, dans l’ancien système, la valeur ajoutée (VA) comportait toutes les taxes sur les produits (TVA, TIC, notamment) ainsi que les subventions qui les affectaient ; ce qui, bien évidemment, ne reflétait pas la réalité de la richesse produite ni, surtout, la contribution sectorielle à cette richesse. Dans le nouveau système, la VA est expurgée tout à la fois des taxes et des subventions sur les produits. La VA ainsi obtenue est une VA réelle.

Autre changement important à signaler : la formation brute du capital fixe (FBCF), ou plus simplement l’investissement. Dans le nouveau système, les dépenses de recherches minières et énergétiques ainsi que l’acquisition de logiciels sont considérées comme des produits, donc intégrées dans la FBCF, alors que, par le passé, ces dépenses étaient considérées comme un actif incorporel non-produit. Pour cette raison même, la FBCF, en 2005, a évolué de 7,4 %, portant ainsi le taux d’investissement à 28,6 % du PIB, contre 25,3 % selon l’ancien système et pour la même année 2005.

Autre exemple de nouveauté qui mérite d’être cité, la réévaluation des activités du secteur des assurances. Dans l’ancien SCN de 1968, base 1980, les revenus provenant de l’utilisation des réserves constituées par les assureurs n’étaient pas pris en compte dans le calcul de la production de ce secteur. Avec le nouveau système, ces revenus sont considérés comme un supplément de prime reçu par les assureurs, et sont de ce fait intégrés dans la production du secteur. Cette nouvelle façon d’appréhender l’activité des assurances a permis, par exemple, d’augmenter la valeur ajoutée du secteur de 105% par rapport à celle obtenue dans le cadre de l’ancien système, pour l’exercice 1998, désormais année de référence des comptes nationaux. C’est ce qui explique, entre autres, que le PIB pour 1998 a été réévalué à plus de 11,5% par rapport à celui établi dans le cadre de l’ancien système (notons que pour la Turquie et la Chine cette réévaluation du PIB a été respectivement de 25 % et 17 %).