Le PIB du Maroc a progressé de 4.3% en moyenne entre 2007 et 2011

Le niveau de croissance s’est replié avec la crise internationale mais reste à  un niveau appréciable. Immobilier, BTP, télécoms, textile, tourisme, finances…, des secteurs solides supportent la croissance.

Alors que les niveaux de croissance réalisés par le Maroc restent honorables, les fortes pressions que subissent ses finances publiques et ses comptes extérieurs, ces deux ou trois dernières années, relancent le débat sur la situation économique du pays. Appréhendée à l’aune de ces deux grandeurs, celle-ci apparaît au yeux de certains par trop fragile, voire dégradée !
De quoi s’agit-il ? L’économie marocaine est-elle vraiment au creux de la vague ? Au regard des éléments statistiques disponibles, l’analyse est quelque peu biaisée. Etant une économie ouverte, notamment sur son environnement immédiat qu’est l’Europe, elle subit, comme beaucoup de pays, les contrecoups de la crise internationale : d’une part, un repli de la demande étrangère adressée à l’économie marocaine, notamment aux secteurs tournés à l’extérieur, et, d’autre part, un net renchérissement des matières premières, énergétiques en particulier, se traduisant par une croissance des dépenses de compensation.
Dans un cas comme dans l’autre, ce sont grosso modo des facteurs exogènes qui sont venus «perturber» en quelque sorte la forte dynamique de croissance entamée depuis 2004. Il faut savoir en effet qu’entre 2004 et 2007, la croissance hors agriculture a été en moyenne de 5,7% par an. Avec l’apparition de la crise en 2008, le PIB  hors agriculture a certes fléchi entre 2007 et 2011, en perdant 1,4 point, mais il a tout de même continué de croître : 4,3% en moyenne annuelle, soit le même niveau que la croissante globale moyenne.

PIB non agricole : retour au palier de 5% en 2011 ?

Evidemment, ces niveaux de croissance, aussi positifs qu’ils peuvent être considérés, demeurent encore insuffisants pour résorber les déficits accumulés par le passé. C’est en tenant compte de ces déficits que de nombreux économistes estiment à 6% ou 7% par an et sur une longue période, le niveau de croissance qui devrait être réalisé par l’économie marocaine. Celle-ci était sur cette trajectoire, il faut bien le dire, avant l’avènement de la crise internationale. Et selon les prévisions, le PIB non agricole en 2011 devrait retrouver le palier de 5% et plus de croissance dans lequel il évoluait jusqu’en 2007. Les différents plans sectoriels lancés devraient, en toute hypothèse, conforter cette position. De fait, aujourd’hui, plusieurs secteurs tirent la croissance du PIB non agricole vers ce palier de 5%. On en citera les plus importants comme l’immobilier et le BTP, le tourisme, les finances (banques, assurances…), les télécoms, le textile, l’industrie pharmaceutique.
Résultat : même si l’agriculture, dans le contexte marocain, demeure encore très importante, représente encore quelque 15% de la valeur ajoutée globale et a fortement contribué à amortir le choc de la crise économique, la dépendance de l’économie envers le secteur primaire s’estompe graduellement, surtout que cette même agriculture, à la faveur du Plan Maroc vert, tend elle-même vers une valeur ajoutée plus importante et un impact moindre de la récolte céréalière sur ces performances.