Le patrimoine financier des ménages a progressé de 7% en 2014

A 655 milliards de DH, le patrimoine financier des ménages est dopé de manière non récurrente par la contribution libératoire.

Les bienfaits de la contribution libératoire décidée par le gouvernement s’affirment de plus en plus par les chiffres. Celle-ci a joué pour beaucoup dans la hausse du patrimoine financier des ménages (résidents et non-résidents) de 7% en 2014, à 655 milliards de DH, ainsi que l’analyse la Direction de la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib dans son dernier rapport sur la stabilité financière. Mais cette croissance est non-récurrente, ce que souligne bien l’institution. 

Hormis cet aspect, le principal point à retenir de l’analyse de BAM est que le patrimoine financier des ménages continue pour la plus grande partie d’être constitué de dépôts bancaires. Avec un encours de 536 milliards de DH, ils constituent en effet 80% du bas de laine des particuliers, une part toutefois en régression de deux points en 2014 dans la structure totale du patrimoine des ménages. En plus d’opter pour ce véhicule basique d’épargne, la majorité des ménages ne cherche même pas à fructifier ses dépôts. Cela se reflète clairement dans la prépondérance des simples dépôts à vue, lesquels pèsent 56% de la collecte des banques. Cela étant, les dépôts rémunérés, particulièrement les comptes d’épargne, gagnent du terrain. Leur part a augmenté progressivement au cours des dernières années pour atteindre 24% en 2014. 

67 milliards de DH de valeurs mobilières

Cette montée s’est faite au détriment des dépôts à terme, dont la part est tombée de 23% en 2008 à 19% en 2014. C’est dire que la préférence des ménages va aux placements liquides.

Avec la nette préférence exprimée par les ménages pour les dépôts bancaires, l’assurance-vie et les valeurs mobilières ne représentent que des miettes. La première est cantonnée à 8% du patrimoine financier des ménages tandis que la deuxième pèse 10%. Cela étant, il faut préciser que les valeurs mobilières se sont renforcées sur une année puisqu’elles n’étaient qu’à 8% en 2013. Avec un volume de 67 milliards de DH, ils ont progressé de près de 10%. Mais ce n’est pas en raison d’un intérêt plus affirmé des ménages pour cette catégorie de placements. BAM attribue en effet cette croissance à un simple effet de revalorisation. Cette réorientation a surtout profité aux titres de propriété dont la valeur progresse de 16%, cette catégorie représentant par ailleurs le premier placement des ménages en matière de valeurs mobilières avec une part de 87%, en progression de 4 points. A l’inverse, la proportion des titres de créance privés baisse à 5% contre 8% une année auparavant, dans un contexte de baisse de l’encours des émissions et d’une plus grande sensibilité au risque de contrepartie sur ce marché.