Le nouveau système de facturation sème le trouble chez les agences de voyages

Obligées de s’aligner sur les frais de service pratiqués par la RAM, elles voit leur revenus baisser.
Les clients ont du mal à accepter l’instauration d’un service
payant à part.

Lenouveau modèle économique adopté par Royal Air Maroc et la plupart des compagnies aériennes desservant le Maroc est entré en vigueur le 1er novembre. Une grande confusion règne au niveau des agences de voyages. La raison est que la suppression de la commission et son remplacement par des frais de service à la charge du client, selon une grille suggérée par la RAM, pose aux agences deux gros problèmes. Ces dernières ont d’ailleurs été obligées de s’aligner sur les tarifs pratiqués par les agences RAM pour ne pas perdre leurs clients.

Le premier problème tient au fait que les clients sont peu enclins à comprendre ce nouveau système. Habitués à payer le montant mentionné sur le reçu, ils ont du mal à apprécier la contrepartie des frais de service facturés séparément et, de surcroît, non remboursables en cas d’annulation du voyage. Pour la classe économique, en tarif promotionnel, ces frais vont de 60 DH pour les vols domestiques à 360 DH pour les vols vers les pays européens et 480 DH pour le reste du monde. Ils sont à multiplier par deux en haute saison. Pour un agent de comptoir à la RAM, il s’agira de déployer des trésors de patience pour convaincre le client, particulièrement celui de passage, que son billet ne coûte pas plus cher qu’avant.

Le manque à gagner sera plus significatif sur les longs courriers
Pour faire passer la pilule, la RAM a accompagné le lancement du nouveau modèle d’une opération promotionnelle, avec des aménagements pour ce qui est des dates de réservation, de la durée de séjour… Les prix des billets HT paraissent au premier abord très attrayants, mais tout compte fait, c’est-à-dire axes et frais de service en sus, ils n’ont pas tellement bougé. Par exemple, un billet aller-retour Casablanca-Paris est facturé HT et hors frais de service 2 450 DH. Avec les taxes aéroportuaires, il atteint 3 469 DH auxquels il faut ajouter 360 DH de frais de service, soit au total 3 829 DH.

Le manque à gagner constitue le second gros problème occasionné par le nouveau modèle. D’une part, les frais de services sont soumis au paiement d’une TVA de 20 %, ce qui n’était pas le cas pour la commission versée directement par les compagnies aériennes. D’autre part, les agences voient leur commission sur les billets long-courrier réduite comme peau de chagrin. En effet, elles pouvaient gagner entre 1 500 et 2 000 DH nets sur un seul billet. Aujourd’hui, ce gain est fixé par le nouveau système à 960 DH, dont une TVA de 20 %, soit une recette effective de 768 DH.

Par ailleurs, font remarquer beaucoup d’agents de comptoir, il y a le risque de voir un certain nombre d’agences, pour ne pas perdre le client, sous facturer les frais de services ou, pourquoi pas si le client n’est pas très attentif, les surfacturer. Le pire serait-il à craindre ?.