Le nouveau manutentionnaire Somaport démarre son activité au port de Casablanca

Un premier test le 1er juin : un bateau à  conteneurs déchargé par les moyens propres de la société.
450 personnes ont été formées au Maroc et à  l’étranger.
La société a déjà  investi 750 MDH.

C’est ce  lundi 1er juin 2009 que Somaport, la deuxième société de manutention au port de Casablanca, devra commencer son activité à part entière avec le déchargement d’un premier bateau sur son quai. Ce déchargement aura donc valeur de test grandeur nature. Les travaux de génie civil ne sont pas encore totalement achevés, mais la société appelée à opérer en concurrence avec l’opérateur historique, Marsa Maroc, a réceptionné tous ses équipements nécessaires notamment les grues, portiques, chariots élévateurs… Au total, l’investissement global réalisé à ce jour s’élève à 750 MDH, souligne le PDG de Somaport. Le personnel est lui aussi fin prêt pour cette mission. En effet, un programme de formation qui a intéressé 450 personnes avait été mis sur pied, selon Mehdi Benchekroune, PDG de Somaport. Ces formations qui ont eu lieu selon les profils en France, en Egypte et au Maroc, ont été surtout axées sur les nouveaux métiers.
En effet, la société a récupéré pratiquement tout le personnel des sociétés de manutention qui opérait dans le port de Casablanca. Il a fallu donc convertir une partie de ce personnel, composé en majorité de  manutentionnaires, à des tâches nouvelles pour assurer ce que l’on appelle l’unicité de la manutention. Cependant, les besoins en ressources humaines sont évalués à 740 personnes, alors que Somaport a hérité de 1090. Selon Saïd Lhirech, représentant du syndicat des dockers, avec les départs en préretraite, il ne reste plus que 890 personnes, soit donc 150 en plus. Mais, précise-t-il, c’est l’Etat qui prend en charge leur salaire, en attendant qu’ils atteignent l’âge du départ en retraite.

Somaport mise sur le service
La concurrence au sein du port, instaurée par la loi 15/02 relative à la réforme portuaire, devient donc une réalité. Le retard de quelques mois enregistré est dû notamment à l’aménagement des quais dont a hérité Somaport. Outre la réalisation de son nouveau quai roulier, elle devait convertir l’ancien môle des agrumes en terminal à conteneurs et préparer le terminal dit Tarif pour les marchandises diverses.
Il faut également préciser que Marsa Maroc, appelée aussi à être privatisée, a une longueur d’avance et devrait accaparer plus de 70% du trafic hors phosphates et céréales laissant le reste à Somaport.  Néanmoins, cette dernière peut faire un bon départ car son principal actionnaire, CMA-CGM, est, avec ses filiales, un transporteur maritime de taille, et, selon son PDG, les équipes commerciales ont déjà démarché de nouveaux clients et non des moindres. «A l’avenir, même si cette concurrence va rester  plutôt  figée   en termes de parts  de marché entre les deux opérateurs principaux, c’est le service offert qui devra faire la différence», souligne M. Benchekroune.