Le nombre de lauréats des établissements de formation a augmenté de 70% en quatre ans

550 MDH investis dans la formation depuis 2002

Introduction de l’approche par les compétences.

La question de la formation revient dans toutes les discussions avec les professionnels du tourisme qui s’expriment souvent en termes peu amènes envers ceux qui ont la tâche de rendre agréable le séjour du touriste étranger ou national. Pourtant, on ne peut pas dire que celle-ci soit le parent pauvre du secteur, ou qu’elle ait été négligée par les pouvoirs publics. En effet, dès les années soixante-dix, une école pour former des cadres de haut niveau a été créée à Tanger. L’Institut supérieur international du tourisme de Tanger (ISITT) a depuis formé des milliers de cadres qui sont aujourd’hui de vrais dirigeants d’entreprises aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.

Selon les normes internationales en matière de tourisme, les cadres devraient normalement occuper 20% de l’emploi dans une entreprise touristique. Pour le reste, il existe pratiquement un établissement de formation dans chaque ville: la formation des techniciens du tourisme est dispensée par des écoles sous tutelle du ministère, par l’OFPPT, et les privés ne sont pas en reste. Mais si le système a longtemps mis sur le marché des profils peu ou mal formés et souvent inadaptés à la demande, il a fallu aussi attendre la Vision 2010 pour initier, à partir de 2002, une politique d’adéquation formation-emploi, à la fois quantitative et qualitative, soutenue par d’importantes ressources techniques et financières, que ce soit sur le budget de l’Etat ou par les canaux de la coopération internationale, avec l’Union européenne dans le cadre du programme MEDA, ou par des accords avec des pays comme la France mais aussi le Canada. Selon le ministère, ce sont quelque 550 millions de dirhams qui ont été investis dans la formation touristique et hôtelière dans le cadre du PDI (Plan de développement integré) depuis son démarrage en 2002. Les réalisations de ce programme entre 2002 et 2005 ont concerné à la fois la mise à niveau et l’extension du réseau existant que la création de nouvelles entités.

Des bilans de compétence lancés en 2006
Cela s’est traduit sur le plan quantitatif par l’augmentation de 55% des inscrits et 70% des lauréats de ces établissements. Les extensions de 9 écoles existantes en cours de réalisation apportera, dès la rentrée 2006-2007, un supplément de 1 450, et à cela il faut ajouter le démarrage de la construction dès cette année de 7 nouveaux établissements et d’un centre de développement des compétences pour le perfectionnement des formateurs.

Sur le plan qualitatif, on s’est attaché à introduire une nouvelle méthode de formation, appelée approche par la compétence (APP) dans le cadre de la coopération avec le Canada. Cette approche devra être étendue à tout le dispositif d’ici 2008, et touchera les filières existantes ainsi que celles qui vont être créées, notamment pour le transport touristique, les guides ou encore la cuisine.
Des programmes de perfectionnement des formateurs et des bilans de compétences vont être lancés en 2006 et 2007 et viendront compléter les actions dont ont bénéficié déjà quelque 360 formateurs du secteur. Une étude sera lancée cette année même pour établir un diagnostic de la formation dispensée par le secteur privé pour mieux l’adapter aux besoins du marché.

S’agissant de la formation continue, il faut souligner la création en 2002 d’un Groupement d’intérêt, d’aide et de conseil (GIAC) en matière de tourisme et d’hôtellerie qui a permis en 2004 et 2005 à 14 entreprises du secteur de bénéficier d’une assistance technique et financière, et 36 autres ont pu bénéficier de soutien dans le cadre des Contrats spéciaux de formation (CSF), soit au total une enveloppe de près 2,5 millions de DH, à laquelle il faut ajouter 3,3 millions DH pour des actions ayant touché 2 725 salariés du secteur. Pour 2006, un programme d’accompagnement de la fonction DRH touchera quelque 200 entreprises du secteur.

Une étude lancée l’année dernière, dont les résultats sont attendus dans les mois qui viennent, définira les contours du marché de l’emploi et établira un répertoire des compétences sectorielles.