Le mouvement Maan sort l’artillerie lourde contre le HCP

Il a émis des critiques acerbes à l’encontre des moyens de relance formulés par l’organisme de statistique.

Le mouvement Maan n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour critiquer le HCP. L’organisme de statistique a en effet mis l’accent sur l’essoufflement de l’économie marocaine dont le taux de croissance pourrait descendre en dessous de 3% et mis en garde contre les risques en matière de création d’emploi et de préservation du pouvoir d’achat. Dans un communiqué, le mouvement récuse ces propositions consistant à «ouvrir les vannes du crédit, à laisser filer l’inflation et à accroître les déficits publics». Il souligne à ce propos que «la croissance dans notre pays demeure freinée par les faiblesses structurelles de l’entreprise marocaine» et ajoute que «l’atonie du crédit n’est pas due à son coût (qui est historiquement très faible), mais à l’absence de perspectives et de carnet de commandes pour les entreprises au Maroc». A son avis, «forcer les banques à distribuer des crédits coûte que coûte est irresponsable et ne fera que détériorer leur solvabilité, sérieusement entamée par la hausse des créances en souffrance ces dernières années ; une situation qui présente d’énormes risques pour l’économie nationale». Les différents gouvernements qui se sont succédé ces dernières années en ont pris pour leurs grades et Bank Al-Maghrib n’a pas, non plus, été épargnée en raison de «sa politique de préservation des équilibres macroéconomiques».

Une position très tranchée qui ne laisse guère place au compromis. Même si certaines critiques peuvent se comprendre – beaucoup d’écoles s’opposent en effet sur les moyens et la manière de mener une politique économique-, le hic, dans cette sortie très hardie du Maan, est qu’il n’y a aucune proposition. Pourtant, c’est à ce niveau que l’on attend experts et théoriciens. Sans doute que le mouvement apportera ses réponses à ce niveau. C’est ce qui est le plus important.