Le modèle français impossible à  appliquer

«Au Maroc, l’ENA n’a joué qu’un rôle moyen dans la production de l’élite». Le commentaire est de Khalil Naciri lui-même, directeur de l’Institut supérieur de l’administration (ISA). L’école, censée pourvoir l’administration en hauts cadres vit aujourd’hui une léthargie qui dure depuis un peu plus de 10 ans. Comparée à la France, la situation est qualitativement extrêmement différente. Les énarques, là-bas, exercent un grand pouvoir au point de parler de l’idéologie de l’ENArchie. Selon Khalil Naciri, «l’ISA ambitionne de jouer ce rôle dans l’avenir, sans pour autant jouir d’un quasi-monopole dans la fourniture de compétences appelées à prendre en charge la gestion des appareils de l’Etat».
Aujourd’hui, un comité de réflexion a été constitué autour de Mohamed Boussaïd, ministre en charge de la Modernisation des secteurs publics. Sa mission : réfléchir au devenir de l’ENA et de l’ISA. Selon des sources proches du dossier, «on s’acheminerait probablement vers une fusion des deux institutions»