Le mix énergétique du Maroc commence sa mue avec la mise en service de Noor I

Pour un investissement de 840 millions de dollars, cette première tranche du complexe Noor de Ouarzazate a une capacité de 160 MW. Le plan solaire permettra d’atteindre 42% d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique du Maroc d’ici 2020 et 52% en 2030.

Après trois ans de travaux, la centrale électrique «Noor I» à proximité de la ville de Ouarzazate est entrée en activité le 4 février. Ayant nécessité un investissement de 840 millions de dollars, cette première tranche de ce qui sera le plus grand complexe solaire de production d’électricité à l’échelle mondiale générera plus de 160 MW au cours de la journée avec une capacité de stockage de 3 heures pendant la nuit. Elle s’étale sur une superficie de 480 hectares. Avec la mise en service de Noor I, le Maroc pose le premier jalon du Plan Solaire Marocain. L’ambition est de développer cinq complexes solaires disposant d’une capacité combinée d’environ deux gigawatts (GW) d’ici 2020 pour répondre à la demande croissante d’énergie du pays. D’après le département de l’environnement, le Royaume importe actuellement 94% de son énergie sous forme d’énergie fossile. La station Noor I devrait ainsi réduire la dépendance au pétrole de 2,5 millions de tonnes et les émissions de gaz à effet de serre de 760 000 tonnes par an. Elle devrait être suivie de trois autres unités dans les prochaines années, en l’occurrence Noor II, Noor III et Noor IV, dont les travaux ont été lancés concomitamment à l’ouverture de Noor I.

Noor Ouarzazate nécessitera au total 9 milliards de dollars

Le complexe, développé en quatre phases, sera à même d’injecter 580 MW d’électricité dans le réseau électrique, soit une capacité suffisante pour alimenter un million de foyers, selon l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen).

S’agissant du business modèle, le projet a été réalisé selon le schéma BOOT (build, own, operate and transfer). Il est développé par ACWA Power Ouarzazate, un consortium composé par ACWA Power, l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen), Aries et TSK. L’exploitation et la maintenance seront, pour leur part, assurés par un consortium mené par Masen et Nomac, filiale de ACWA Power.

Au total, l’investissement pour le complexe solaire Noor devrait être de 9 milliards de dollars. Une somme répartie entre plusieurs investisseurs, dont la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement et plusieurs partenaires privés.

Selon Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen, d’autres centrales solaires suivront dans d’autres régions du pays. Des travaux de repérage sont déjà en cours notamment à Tata, Midelt, Boujdour et Laâyoune. Ces centrales permettront d’atteindre 42% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique du Maroc d’ici à 2020 et 52% en 2030.