Le ministre de l’habitat veut diviser le déficit en logements par deux

Son plan d’action 2012-2016 ambitionne de faire passer le besoin de 840 000 unités actuellement à  400 000 unités. 170 000 logements devraient être produits par an pour y parvenir.

C’est ce début de semaine que Nabil Benabdellah, le ministre de l’urbanisme et de l’habitat, a présenté le plan d’action de son département pour la période 2012- 2016. Un des chantiers sur lequel l’Habitat est le plus attendu porte sur la résorption du déficit en logements, et il semble que des objectifs aient déjà été arrêtés en la matière. Il faut dire qu’en dépit des efforts déployés pour traiter cette problématique durant ces dernières années, beaucoup reste à faire : le déficit actuel se chiffre à 840 000 logements.
Ambitieux, l’objectif du ministère est de réduire le besoin de moitié sur les 5 prochaines années pour le ramener à 400 000 unités. Et ce, moyennant une production de 170 000 logements par an.

Il va sans dire que cette offre devra être orientée sur les différents segments selon le volume de la demande, étant donné que le besoin identifié concerne plusieurs tranches de la population allant des occupants d’habitats insalubres à la classe moyenne. De fait, il est question de faire profiter 170 000 familles du programme «Ville sans bidonvilles» et de développer 20 000 unités pour reloger les occupants d’unités menaçant ruine. Aussi, l’objectif est de construire 500 000 logements sociaux et 100 000 unités destinées à la classe moyenne. Si dans une certaine mesure, le logement à 250 000 DH est en bonne voie pour atteindre les objectifs (124 000 unités sont en cours de réalisation), la question reste posée pour les unités ciblant les ménages intermédiaires, sachant que leur dispositif ne devrait être introduit qu’à partir de 2013.
L’autre dispositif qui devra faire ses preuves dès l’entrée en vigueur de la Loi de finances 2012 et dans lequel l’Habitat place beaucoup d’espoir pour résorber le déficit en logements est celui du locatif social. En renfort, le ministère envisage aussi de mieux encadrer l’auto-construction pour renforcer sa qualité et sa professionnalisation. Celle-ci représente d’ailleurs une part notable dans la production actuelle: sur les 275 500 unités de logements développées en 2011, plus de 50% consisteraient en auto-constructions, selon les estimations des professionnels.

Pour mettre en œuvre ces dispositions, les mécanismes envisagés par l’Habitat portent sur la restructuration des contrats programme développés jusqu’à présent, la consolidation des fonds de garantie, l’augmentation des ressources du fonds de solidarité ou encore le recadrage du rôle des agences urbaines pour en faire des structures d’aménagement territorial et d’urbanisme opérationnel.

Sur un autre registre, M. Benabdellah ambitionne de poser les jalons d’une politique de la ville. Il s’agit, là aussi, d’un chantier où beaucoup de retard a été accusé, surtout lorsqu’on sait que 30% de la population urbaine habite actuellement des quartiers pauvres, manquant du minimum en termes de services et d’équipement publics, et que 12% des familles urbaines sont logées dans des habitats insalubres. De fait, le plan d’action 2012-2016 développera l’instauration d’une politique de la ville pour garantir une plus grande cohérence urbaine ambitionnant des rééquilibrages spatiaux et sociaux. Un premier rendez-vous majeur est déjà donné et consistera en un débat national de la politique de la ville. Il permettra d’adopter un référentiel partagé en la matière et de promouvoir une démarche contractuelle.