Le ministère du tourisme prépare un plan en trois axes pour sortir de la crise

• La stratégie de reprise se basera sur la préservation de l’emploi, la relance du secteur et la mise en place d’une offre relative au tourisme interne.
• La deuxième partie de la campagne de communication dédiée au tourisme interne sera lancée après le déconfinement.
• La bonne performance enregistrée en janvier et février a atténué les effets de la crise.

La séance plénière hebdomadaire, tenue à la Chambre des représentants le lundi 8 juin, a été très suivie par les opérateurs touristiques avec grand intérêt. Et pour cause. La ministre du Tourisme Nadia Fettah Alaoui a annoncé les mesures prises par son département pour amorcer la relance du secteur. Dans son intervention, elle est revenue sur la stratégie lancée par le ministère en collaboration avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT). Un des piliers de cette stratégie est la campagne communication baptisée #3lamantla9aw, déployée sur plusieurs supports digitaux pour mettre en avant les spécificités régionales du Royaume. Maintenant, il a été décidé de lancer la deuxième partie de cette opération après le déconfinement avec le même objectif: encourager le tourisme interne (voir encadré). Pour cela, les deux partenaires sont en train de mettre en en place une offre globale adaptée aux clients locaux. Le critère du prix y sera primordial puisque des tarifs préférentiels seront étudiés pour s’aligner sur le pouvoir d’achat local. Entretemps, le ministère poursuit son analyse des marchés mondiaux pour préparer la reprise une fois que les frontières seront ouvertes. C’est l’ONMT qui préparera une étude globale concernant la demande touristique. Elle devra constituer la base la stratégie de reprise post Covid-19. En somme, «un plan intégré sera mis en place pour sortir de la crise. Il sera composé de programmes sectoriels en se basant sur trois axes: la préservation de l’emploi, la relance du secteur et la mise en place d’une offre relative au tourisme interne», souligne Nadia Fettah Alaoui.
Pour l’instant, la crise a été dévastatrice sur le secteur. L’activité a connu une baisse du nombre des touristes de 45% au cours des quatre premiers mois de l’année, comparé à l’année dernière. Une chute presque similaire (43%) a touché le nombre de nuitées. Ce qui a pu atténuer l’effet de cette baisse est la très bonne performance enregistrée au cours des mois de janvier et de février 2020. Résultat, la baisse des recettes n’a pas dépassé 15% au cours des quatre premiers mois de 2020. A l’échelle mondiale, le tourisme a, globalement, connu une chute du nombre de touristes entre 60 et 80% au cours des quatre premiers mois de l’année. Ceci correspond à 67 millions touristes et 80 milliards de dollars de perte.

L’aérien en berne

Tourisme interneL’aérien est le secteur le plus touché par la crise pandémique du Covid-19. D’emblée, dès l’éclatement de la crise sanitaire, certaines lignes aériennes ont été suspendues même avant la fermeture des frontières. A l’échelle mondiale, l’arrêt de l’activité a touché un tiers de la flotte mondiale selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les pertes sont estimées à 252 milliards dollars américains. La crise a eu également un impact très négatif sur le secteur mondial de la construction aéronautique.
Au Maroc, vu la fermeture des frontières aux voyageurs, la compagnie nationale a lancé un plan d’austérité, conjugué à un plan de contrôle technique de la flotte et des programmes de formation du personnel en attendant la reprise. Actuellement, plusieurs scénarios de reprise sont possibles et basés sur des analyses prospectives du secteur que le ministère mène actuellement. Heureusement, le secteur du fret a sauvé la mise. Il a été maintenu pour pouvoir acheminer des équipements de l’étranger, surtout de Chine. Certains secteurs stratégiques ont ainsi pu poursuivre leurs opérations d’exportation et d’importation.

L’artisanat : les indicateurs sont au rouge

L’artisanat a connu une baisse drastique de la demande. Même si les artisans ont pu bénéficier d’indemnisation, l’annulation des expositions, l’arrêt des exportations et la fermeture des marchés a eu raison des aspirations des professionnels.
Une baisse conséquente de 34% a ainsi été enregistrée durant les quatre premiers mois de 2020. Pour la relance, le ministère a élaboré un programme se basant sur trois axes. «Ils sont en ligne avec la stratégie adoptée depuis 2019 et qui vise à améliorer la production et à faciliter le financement. Primo, nous continuerons à accompagner les artisans. Secundo, nous avons mis en place un programme de santé et de sécurité, nécessaire pour le déroulement de l’activité. Tertio, il faudra poursuivre la structuration du secteur, surtout en ce qui concerne le volet de la commercialisation», a déclaré la ministre du Tourisme sous la coupole. Malgré le confinement, une demande considérable a été pressentie sur le produit marocain.