Le ministère de l’industrie plus ambitieux sur l’écosystème des matériaux de construction

Le département reporte la signature du contrat de performance du secteur pour affiner ses actions. Des filières supplémentaires comme le plâtre, les briques et le béton prêt à l’emploi y seront intégrées.

Le ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique revoit son contrat de performance avec les industriels des matériaux de construction. Sa signature devrait encore attendre quelques jours, alors qu’elle devait l’être à la mi-décembre. Le département de Moulay Hafid Elalamy se ménage un petit délai supplémentaire pour affiner sa stratégie. «Cela se justifie par la dimension de l’écosystème des matériaux de construction ainsi que la diversité et la spécificité des acteurs qui y interviennent», détaille-t-on auprès de la fédération du secteur (FMC). En effet, les filières déjà annoncées comme partie prenante de la convention (le béton préfabriqué, l’acier, le marbre, la céramique et une filière à créer dans la valorisation énergétique des déchets ménagers) ont des besoins d’accompagnement spéciaux (optimisation, industrialisation, stimulation de la demande, compétitivité à l’export et vis-à-vis des importations…) et doivent être traitées finement. De fait, la tutelle a mis à profit ces derniers jours pour multiplier ses échanges avec les différentes associations du secteur afin de bien cerner les enjeux en présence. Qui plus est, il s’est avéré nécessaire de préciser les évaluations préalables à la mise en place du contrat de performance, d’autant plus compréhensible que l’on manque cruellement de données actualisées sur l’industrie des matériaux de construction.

Appui technique et financier pour la formation

Outre cela, le ministère a compris qu’il serait opportun d’intégrer des filières supplémentaires (plâtre, briques, béton prêt à l’emploi…) d’autant plus que son ambition est de rallier dès le départ, en «one shot», une partie consistante de l’ensemble de l’industrie des matériaux de construction. Vraisemblablement, avec tous ces ajustements, le département de l’industrie devrait revoir tous les objectifs annoncés il y a peu, en termes d’emploi, de chiffre d’affaires et d’exportation, visés par le contrat de performance. Celui-ci englobe pour rappel des actions devant relancer le secteur des matériaux de construction et en assurer le développement à long terme. Il s’agit entre autres de l’amélioration des normes et du contrôle, les dispositifs entourant la commande publique, les cellules antidumping, l’accès aux carrières… A côté de cela, la promesse est aussi de mettre sur la table un ensemble de moyens matériels à travers la formation de profils répondant aux besoins (selon les filières, les régions…) mais aussi la mise à disposition du foncier et de moyens financiers pour appuyer l’investissement.