Le ministère de l’habitat veut vulgariser la réglementation parasismique

Un guide pratique est en préparation pour faciliter aux professionnels de la construction la mise en Å“uvre du nouveau règlement. Il fournira un appui technique en matière de choix des matériaux de construction, des techniques de conception et de construction parasismiques et donnera des estimations du surcoût lié à  la réglementation.

Un peu plus de six mois après l’actualisation de la réglementation parasismique (RPS2000 version 2011), le ministère de l’habitat prépare un guide pratique qui facilitera la compréhension et l’utilisation de ce règlement. L’objectif est de simplifier le travail des professionnels, notamment les bureaux d’étude, les concepteurs et tous les intervenants dans le secteur de la construction. A cet effet, le guide en préparation devra résumer les précautions générales et les obligations de mise en œuvre prévues par le nouveau règlement, d’expliciter l’action sismique sur les bâtiments ou encore de donner les spécificités des composants d’une structure parasismique.

Le guide précisera encore la façon de choisir les matériaux de construction en zone sismique et détaillera et simplifiera les méthodes et les techniques de conception et de construction parasismique. Pour pousser l’aspect pratique jusqu’au bout, le document proposera des cas concrets de mise en œuvre des normes parasismiques et donnera même une estimation du surcoût lorsqu’on respecte le règlement dès la conception. La priorité du ministère de l’habitat est de parvenir à un guide simple, explicite, clair et compréhensible comportant des schémas et des illustrations. Tous les moyens seront mis en œuvre à cet effet : un ingénieur en génie civil ayant une expérience dans l’enseignement ou dans l’élaboration des guides techniques, un géophysicien et éventuellement un géologue, un ingénieur en génie parasismique, un infographiste ou encore un designer devraient être mis à contribution pour l’élaboration du document.

Le lancement du guide de vulgarisation du RPS2000 version 2011 concorde avec la pleine entrée en vigueur de ce règlement en mai dernier, après une période de transition de 6 mois, sachant que l’homologation remonte à novembre dernier. Ce cadre actualise une réglementation datant de 2002. De manière générale, le règlement parasismique fixe les règles de calcul et de dimensionnement des structures pour renforcer la tenue des ouvrages face aux secousses sismiques. Il édicte dans ce sens les dispositions techniques de génie civil et de conception architecturale permettant aux bâtiments de résister aux secousses sismiques, et se fixe pour objectif d’assurer la sécurité du public pendant un tremblement de terre ainsi que la protection des biens matériels.

Cinq zones à risque sismique

La version actualisée du RPS met à jour la carte du zonage sismique qui classe tout le territoire national en zones à risque plus ou moins prononcé. De trois zones dans l’ancien règlement, l’on passe à cinq dans la version actualisée. Dans ce nouveau découpage, le Nord et l’Oriental sont classés comme régions à fort risque sismique et le Sud comme zone à risque faible. Outre l’effort d’actualisation des données, le règlement amélioré introduit un nouveau paramètre pour établir le zonage sismique. En plus de l’accélération sismique, la vitesse sismique du sol est désormais prise en compte avec là encore une cartographie élaborée pour tout le territoire national.

Selon que l’on se trouve dans des zones à risque sismique plus ou moins prononcé, la réglementation parasismique, ancienne ou nouvelle, fixe des règles de calcul et de dimensionnement des structures pour renforcer la tenue des constructions face aux secousses sismiques. Et selon l’usage des bâtiments, ces exigences peuvent être encore plus importantes. A ce titre, une nouveauté de la version 2011 consiste à affiner le classement des bâtiments selon leur importance et leur fonction. De deux classes dans la précédente réglementation, l’on passe à trois. En premier lieu viennent les bâtiments publics prioritaires tels que la Protection civile et les hôpitaux. Suivent des bâtiments publics comme les écoles et les administrations. Et au bas de l’échelle figurent les bâtiments courants à usage d’habitation, de bureaux ou de commerce…