Le ministère de l’habitat prépare des chartes architecturales pour 32 villes

Aujourd’hui, seules Chefchaouen, Mdiq-Fnidek, Safi et Zagora ont des chartes opérationnelles
19 autres en cours d’élaboration et 13 seront lancées en 2010
Les Agences urbaines sont chargées de la réalisation.

Donner une certaine harmonie aux centres urbains, c’était là l’objectif visé par le ministère de l’habitat en lançant, en 2007, un programme de réalisation de chartes architecturales. De quoi s’agit-il exactement ? «Les chartes architecturales correspondent à un référentiel incitatif et mobilisateur visant une meilleure qualification et gestion des cadres bâtis et des aménagements extérieurs», explique Nahid Hamtani, chef de division à la direction de l’architecture au sein du ministère de l’habitat et de l’urbanisme. Ces chartes constituent une référence pour les autorités locales désireuses de donner un cachet architectural particulier à une ville ou conserver l’existant. Cependant, «ces chartes ne sont pas opposables aux tiers», précise Mme Hamtani qui explique, en outre, qu’«elles peuvent intéresser aussi bien les médinas, les entités urbaines, les zaouias, ksours ou kasbahs, les centres urbains et ruraux, les sites historiques ou touristiques ou encore les paysages. En fait, chaque Agence urbaine peut avoir plusieurs chartes architecturales couvrant aussi bien le paysage, le patrimoine et le contemporain».

Financement tripartite Etat-collectivités-secteur privé

A ce jour, seules Chefchaouen, Mdiq-Fnideq, la médina de Safi et Zagora ont des chartes en vigueur. Les médinas de Meknès et de Taza, les villes de Marrakech et de Ouazzane ainsi que la vallée du Oued Boufekrane ont finalisé les leurs et travaillent pour les rendre opérationnelles. D’autres villes suivront dès cette année. 19 chartes sont actuellement en cours d’élaboration et 13 autres seront lancées. La réalisation de ces chartes incombe aux différentes Agences urbaines du Royaume. En revanche, le financement de leur réalisation est tripartite. Une fois le budget arrêté, le ministère de l’habitat en apporte le tiers, le reste étant partagé entre les autorités locales et le secteur privé.
Mais rien n’est simple dans ce genre de projet impliquant plusieurs intervenants. Une contrainte de taille a été en effet relevée : les Agences urbaines censées élaborer les chartes manquent cruellement de ressources humaines. Quelques-unes ont toutefois réussi à surmonter ce problème en sous-traitant la réalisation de ces chartes auprès de cabinets privés.