Le Maroc veut planter un million de palmiers dattiers d’ici 2030

La production sera portée à  160 000 tonnes dès 2020 au lieu de 70 000 à  100 000 tonnes actuellement.
Développement de clones, économie d’eau et modernisation des méthodes d’exploitation sont les trois piliers de la stratégie de l’Etat.
La productivité moyenne par arbre est de 20 kg par saison alors qu’elle peut aller jusqu’à  100 kg.

A vec la première édition du salon international des dattes du Maroc qui s’est déroulée à Erfoud du 30 septembre au 3 octobre, le Maroc veut donner une plus grande visibilité au secteur phoenicicole, mais aussi tirer vers le haut toutes les régions qui le produisent et en vivent.
Aujourd’hui, la superficie totale occupée par cet arbre dans les vallées du Ziz et du Draâ essentiellement (il y a quatre grandes-zones : Meknès Tafilalt, Souss-Massa Draâ, Guelmim-Smara et l’Oriental, à Figuig spécialement) est de l’ordre de 48 000 ha pour un total de 4,8 millions de pieds. La production annuelle peut aller de 70 000 à 100 000 tonnes pour une bonne année.
Actuellement, le palmier dattier n’entre que pour 40 à 60% dans les revenus de ceux qui le cultivent et l’entretiennent durant toute l’année. Cela veut dire qu’il faut qu’ils exercent d’autres activités d’appoint comme l’élevage ou d’autres cultures. Mais cela signifie surtout que le secteur souffre de plusieurs maux. D’abord, le bayoud, une maladie qui  menace cette espèce, est venu à bout de 10 millions d’arbres durant les cent dernières années, selon les spécialistes du ministère de l’agriculture. Ensuite, le manque d’eau limite les horizons de développement de cette culture. Enfin, les moyens encore trop traditionnels d’exploitation réduisent considérablement le rendement.
A titre d’illustration, un arbre ne produit pas plus de 20 kg par an en moyenne. Mais dans certaines exploitations très modernes, cette moyenne peut se situer entre 50 kg et plus de 100 kg par an. Cela donne une idée de la marge de progression en termes de productivité et du potentiel de revenu.

Un contrat-programme entériné lors des 3e assises de l’agriculture

Le département de l’agriculture est décidé à mettre les bouchées doubles pour remédier à ces problèmes. En effet, si le Plan national de restructuration et de développement de la palmeraie remonte à 1986, relayé par d’autres actions comme l’inscription, en 2000, des oasis du sud marocain dans le réseau de biosphère de l’Unesco et la loi 01/06 relative au développement durable des palmeraies, a balisé le terrain, il reste encore beaucoup à faire. Et le ministère de l’agriculture, dans le cadre du plan Maroc vert (PMV) entend accélérer le processus en travaillant sur plusieurs chantiers.
Il y a par exemple (très important) l’action entreprise au niveau du choix de sélection des plants pour faire battre en retraite le bayoud (avec l’identification de variétés résistantes comme Najda et d’autres clones hybrides comme le «khalts» et d’autres cultivars mâles) qui, jusque-là, emporte annuellement 3 à 5% du capital de palmiers dattiers. En amont, sont engagés des programmes de sensibilisation à l’économie de l’eau et d’encouragement à l’optimisation de la ressource. 
D’autres actions ont été entreprise, à l’exemple du contrat-programme entériné par les 3e assises de l’agriculture ou encore la création en novembre 2009 de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier. La finalité est de porter la production à 160 000 tonnes dès 2020 et de replanter, à l’horizon 2030, autour d’un million d’arbres en choisissant les plants sélectionnés et recommandés par l’Institut national de recherches agronomiques (INRA). D’ailleurs, le Millenium challenge account  (MCA), qui court sur la période 2008-2013, a intégré la palmeraie dans le cadre de son projet «arboriculture», abondant dans le sens des efforts entrepris par le ministère de l’agriculture où l’on explique que la mise en place du contrat programme devrait drainer un investissement global de 7,6 milliards de DH couvrant des actions diverses du pilier I et du pilier II du PMV.
A noter que ce premier salon international des dattes du Maroc, qui ne veut nullement remplacer le festival qui se perpétue dans la région depuis les années 40, devait capter quelque 50 000 visiteurs, dont des touristes qui séjournaient  dans la région. Il a attiré 140 exposants et 10 pays invités, entre autres les Emirats arabes unis (EAU), l’Algérie, la Tunisie et la Libye, et a été l’occasion pour l’ensemble des producteurs de la région de vendre une partie de leurs produits, qu’il s’agisse essentiellement de dattes mais aussi de confiture de dattes, de purée…