Le Maroc veut être autosuffisant en produits sanguins en 2016

Un événement sera organisé tous les mois pour sensibiliser la population au don de sang. En baisse depuis 2013, le stock correspond à  huit jours de consommation au niveau national.

Le Centre national de transfusion sanguine prépare une stratégie nationale pour le don de sang. Le projet sera finalisé la semaine prochaine et sera ensuite soumis au ministère de la santé. «Ce travail a été mené en commun avec les diverses associations nationales de donneurs de sang. La stratégie aura des objectifs précis, notamment une sensibilisation continue et permanente des citoyens à travers le pays afin d’atteindre l’autosuffisance», explique Mohamed Benajiba, directeur du CNTS.

La campagne nationale lancée par le ministère de la santé en 2013 a permis, souligne le directeur, d’inculquer la culture du don de sang. Mais aujourd’hui, il faut aller au-delà et donc maintenir cet acquis en organisant un événement par mois et région afin de maintenir le stock de consommation. Celui-ci se situe actuellement à 6 193 poches, soit l’équivalent de 8 jours de consommation. Ce qui fait dire au CNTS que le Maroc est en «Phase Verte» durant laquelle les besoins sont au minimum de 7 jours. Si ces derniers couvrent une consommation de 2 à 7 jours, on est en «Phase Jaune», et en «Phase Rouge» en dessous de deux jours. Cette dernière n’a jamais été atteinte, tient-on à préciser, même si, depuis 2013, les dons de sang sont en baisse.

En 2013, suite à la campagne nationale de sensibilisation, les dons avaient atteint 314 464, une année plus tard le CNTS enregistrait une baisse de 8,95%. Soit 30 000 dons en moins. Et la régression s’est poursuivie durant le premier trimestre 2015 puisque le centre parle de 1 000 dons en moins par rapport à la même période de l’année dernière. D’où la nécessité de la mise en place d’une stratégie nationale du don de sang. Les premières opérations de sensibilisation ont déjà été menées au début du mois dans les villes de Tétouan, Fès, Berkane, Taza et Taourirt. Une autre opération est programmée à Agadir la semaine prochaine.

Seulement 1,2% des donneurs reviennent pour un second prélèvement dans l’année

Organisée conjointement avec les associations de donneurs de sang locales, ces actions visent une amélioration du taux de générosité qui se situe actuellement à 1,2% (proportion des donneurs qui reviennent faire un don dans l’année). Les dons connaissent un pic durant les mois de mars et avril, période durant laquelle ont lieu de nombreux événements et activités associatifs. Un repli est observé durant la période estivale en raison des congés et vacances annuels.  

La stratégie nationale doit permettre, à l’horizon 2016, d’atteindre l’autosuffisance. Et donc répondre aux besoins du pays en produits sanguins qui ont augmenté de 28%. Le Maroc est ainsi l’un des rares pays à enregistrer une telle progression de ses besoins. Celle-ci s’explique, selon Mohamed Benajiba, «par une récente amélioration des prestations de soins, notamment un accès plus large des cancéreux aux soins et la mise en place de l’assurance maladie obligatoire».

Actuellement, les besoins les plus importants sont enregistrés dans les grandes villes, particulièrement Casablanca, Rabat, Marrakech et Fès, où le stock de consommation se situe entre 4 et 7 jours. Par ailleurs, dans les petites villes le stock est de 20 à 30 jours. Et pour éviter les ruptures de stocks, le CNTS procède à une régulation continue des stocks dans les divers centres de collecte. Dans le même sens, le stock d’albumine est augmenté. Selon les derniers chiffres du centre, le Maroc produit actuellement 18 000 flacons par an. Pour cela, le ministère de la santé a équipé, depuis le début de l’année, les centres de transfusion sanguine de Fès et Meknès, et a procédé à l’importation de 6000 flacons livrés en janvier et mars.

L’albumine est un produit stratégique dans la mesure où elle est administrée d’urgence aux patients admis en réanimation afin d’éviter leur décès. Cette matière, fabriquée par le foie, transporte une grande variété de substances dans le sang tels que les hormones, les acides gras, les acides aminés, les médicaments et les facteurs de coagulation. Ce qui rend impérative sa disponibilité sur le marché.